Tito Topin est l’invité d’honneur au festival du polar ©Céline Zug

Tito Topin fait partie des invités prestigieux du Festival du Polar de Villeneuve-Les-Avignon. L’événement se tiendra du 28 septembre au 1er octobre à la Chartreuse. Cet auteur autodidacte est le créateur du personnage de Navarro, et d’une trentaine de romans qu’il dédicacera tout au long du festival. Les lecteurs pourront le rencontrer samedi 30 septembre à 17h30, le temps d’un entretien ponctué de lectures d’extraits de ses écrits.

La vie de Tito Topin pourrait à elle seule faire l’objet d’un roman. Cet homme de 85 ans ne tient pas en place, toujours entre deux valises, des histoires plein la tête et un regard sur le monde acéré : “La violence de notre monde a toujours existé, elle prend des formes religieuses aujourd’hui, à mon époque c’étaient les colonies, aucune époque n’a connu le calme”. Né au Maroc, à Casablanca, il commence des études de commerce qu’il interrompt au bout de deux ans. Il travaille alors dans une société d’agrumes, où il occupe un poste d’aide-comptable, et y découvre la retouche photo. À son retour de l’armée, il fonde une agence de publicité avant de partir au Brésil. Il n’a alors que 24 ans. À son retour à Casablanca, il s’associe avec des Marocains. Ils créent “AGEP” une agence de régie et publicité. Il les quitte pour partir à Paris et prendre la direction artistique de l’agence Havas.

Une rencontre déterminante

Au milieu des années soixante, il fait une rencontre qui va changer sa vie : “Mon amitié avec Jean Yanne a été immédiate, nous étions sur la même longueur d’onde. J’avais le crayon, il avait la réplique et la gouaille, mais surtout il avait l’élégance. Notre collaboration a toujours été riche d’échanges et de fous rires“. Ensemble, ils feront une bande dessinée “La Langouste ne passera pas”, qui vient tout juste d’être rééditée, 43 ans plus tard, et Tito Topin dessinera les dossiers burlesques de B.I.D.E., le Bureau d’Investigations pour la Défense des Espèces. En 1976, il quitte Paris pour s’installer près de Vaison-La-Romaine, et est devenu Avignonnais il y a six ans.”C’est une ville que j’ai toujours apprécié,  je m’y sens bien, il y a un esprit village et on y mange bien. J’aime le Sud, de l’Italie à l’Espagne, en passant par le Portugal. Je suis toujours séduit“. Il est aussi le créateur et scénariste de Navarro incarné par Roger Hanin : “J’ai créé ce personnage qui a dépassé les cent épisodes. Sans la frilosité de TF1, il y en aurait sûrement eu d’autres“.

Invité phare du Festival du Polar

Cette année, le Festival du Polar de Villeneuve-Les-Avignon en fait son invité d’honneur. Une rétrospective de son travail de romancier, graphiste, scénariste … se tiendra tout au long du week-end. Il se racontera et dédicacera ses livres : “C’est pas la partie la plus agréable de rester derrière ses livres, mais la rencontre avec le public est toujours un bon moment. Les auteurs de polar sont des gens très sympathiques, il y a une bonne ambiance, c’est un plaisir d’être avec eux“. Tito Topin a écrit son premier roman en 1982, Graffiti Rock, dans la série noire de Gallimard, et avoue volontiers. “Je lis beaucoup mais pas de polar. Il faut tout de même être honnête, ça reste de la série B. Si le niveau a augmenté, c’est parce que des auteurs dits “classiques” s’y sont essayés. Mais à l’arrivée, les droits d’auteur sont nettement moins importants“. Le dernier en date “L’Exil des Mécréants” est un roman d’anticipation où les états se sont alliés pour faire cause commune en faisant de l’athée un ennemi commun. “Il suffit de regarder ce retour en arrière avec la religion pour être inspiré. La mondialisation est passée par là aussi et nul n’est épargné par la montée de l’intégrisme“. Mais Tito Topin n’est pas un donneur de leçon, il vit avec son temps : “Je ne vais pas me plaindre d’avoir traversé autant d’événements de l’histoire. Je garde un oeil sur le monde tel qu’il va et surtout tel qu’il ne va pas !”.

“L’Exil des Mécréants” Tito Topin

Edition La Manufacture des Livres, Gallimard