Atelier de la Combe Monteux ©BàC

Dans son petit atelier aux abords de Monteux, Tristan Reynaud Dall’Agnola, jeune maître verrier de 25 ans, s’applique à ses créations de verre et enseigne son savoir-faire.

C’est une belle histoire que celle de Tristan Reynaud Dall’Agnola, un des visages de la nouvelle génération d’artisans. Formé dès 14 ans avec Pascal Sonnet, ex-atelier Fiat Lux d’Avignon, Tristan revient sur cet amour juvénile : « Complètement par hasard je me baladais avec ma mère dans les rues d’Avignon, puis on est rentré dans l’atelier de Pascal. Ça m’a tout de suite plu, je m’y suis senti bien accueilli. À partir de ce moment, c’est devenu petit à petit une passion. Aujourd’hui c’est mon travail et je suis content tous les matins de me lever pour faire ce que j’aime. »
En parallèle de ses études au collège, au lycée puis à la fac en histoire de l’art, Tristan apprend le métier toutes les semaines à l’atelier Fiat Lux. Depuis deux ans, il a son propre espace de travail , l’Atelier de la Combe, attenant à la maison familiale. On y trouve une table à dessin lumineuse, des étagères regroupant le verre brut nécessaire aux vitraux, et une imposante machine à cuisson pour peinture et émail. L’atelier propose principalement des réalisations en verre et vitraux pour les particuliers qui souhaitent mettre une touche illuminée à leur logis. Tristan réalise notamment des vitraux qui s’apposent directement sur le double vitrage existant. « C’est une manière de remplacer les rideaux. Le vitrail filtre vraiment la lumière, et apporte de la couleur qui change en fonction des journées. »

De Vasarely à Tolkien

Passionné de science-fiction, on retrouve dans son atelier des reproductions de décors du Cinquième Élément de Luc Besson, ou une carte entière du monde du Seigneur des Anneaux. Ce travail personnel est encore en réalisation et représentera, sous forme de puzzle, l’intégralité des mondes de l’univers de Tolkien. Autre création insolite : un échiquier en verre très design avec finition au cuivre. Mais au-delà de ces curieuses créations, Tristan montre un véritable savoir faire de son métier et admire les artistes qui se sont attelés au travail du verre. Les plus connus sont bien sûr Vasarely et Chagall. Et pourtant, il évoque Gauguin qui a expérimenté le vitrail de chapelle ou le père dominicain coréen Kim En Joong, réputé pour les vitraux de l’abbaye de Ganagobie dans le Luberon. Lorsque Tristan nous montre un livre photo de ses propres réalisations, on découvre une reproduction d’une œuvre de Vasarely, un carte ronde de l’Afrique ou un magnifique panneau de salle de bain reprenant les motifs classiques des bains municipaux.

La restauration en verrerie

Pays aux milliers de clochers, la France a la plus grande surface de vitraux au monde : 90 000 m² de verre, soit l’équivalent de la Tour Montparnasse. Ce patrimoine rend l’activité de conservation et de restauration de vitrail importante, à laquelle Tristan Reynaud Dall’Agnola n’échappe pas. Récemment, la ville de Carpentras l’a contacté pour un travail de restauration des vitraux de la salle de prière de la Synagogue la plus ancienne de France. Une perspective qui l’enchante car ce sont des vitraux datant du 17ème siècle, un défi pour le jeune artisan.
Pour ce qui est des vitraux d’églises, le maître verrier nous révèle « qu’elles n’ont pas forcément les sous pour un travail de restauration. Quand on voit la cathédrale de Saint Siffrein à Carpentras, les vitraux sont magnifiques, surtout la partie médiévale, mais vous avez des trous aussi larges que la tête par lesquels passent les pigeons. Ce n’est pas la priorité pour eux. »

Tristan donne aussi des cours. Il enseigne son savoir-faire en atelier, de la même manière qu’il a démarré son apprentissage. Il a aujourd’hui trois élèves et prend goût à transmettre ses précieuses techniques travaillées au fil des années.

Atelier de la Combe
77, impasse de la Combe 84170 Monteux

Bàc est allée à la rencontre de Tristan Reynaud Dall’Agnola dans son atelier à Monteux :