Les Demoiselles de Rochefort ont chanté à tue-tête sur la toile du cinéma Pandora à l’occasion d’une projection spéciale du film le 6 septembre dernier. Un ballet kaléidoscopique dans l’univers de Jacques Demy et de Victor Vasarely !

La soirée, qui avait pour thème « Vasarely & Les Demoiselles de Rochefort », était animée par Pauline Mari, Docteure en Histoire de l’Art, en collaboration avec le Musée Vouland, dans le cadre de l’exposition triptyque «Victor Vasarely : MultipliCITÉ » actuellement en cours. Odile Guichard et Pierre Vasarely – petit-fils de Victor – tous deux commissaires de l’exposition, étaient présents. Les spectateurs, parmi lesquels quelques enfants ayant participé aux ateliers pédagogiques du musée, étaient eux aussi de la partie pour découvrir le film sous un autre angle : celui des formes et des couleurs. Gymnastique de la rétine garantie!

Quel rapport entre le film de Jacques Demy et l’œuvre de Victor Vasarely ?

L’art optique et cinétique de l’artiste hongrois est partout présent dans le film du réalisateur nantais! De la scénographie aux décors signés Bernard Evain, grand admirateur de Vasarely, en passant par les costumes d’inspiration Courrèges, la chorégraphie et l’histoire elle-même : un incessant ballet de chassés-croisés qui marque la trajectoire de vie des personnages. L’aléatoire, thème cher à Demy et Vasarely, y tient un des rôles principaux, tout comme le désir d’embellir l’architecture urbaine en usant d’un art optique joyeux.

L’analyse du film par Pauline Mari, jeune Docteure en Histoire de l’Art, met en lumière de nombreux aspects et rafraîchit la mémoire du spectateur sur le contexte de l’époque : « lorsque Jacques Demy tourne Les Demoiselles de Rochefort en 1965-66, l’art optique est à son apogée. Les Parapluies de Cherbourg (1964) est un premier témoignage de la fascination du réalisateur pour ce mouvement artistique », nous dit-elle.

Lors de cette mini-conférence, cette passionnée nous apprend également que les œuvres exposées dans le film sont des reproductions, tandis que le portrait de Delphine par Maxence fait clairement référence à la période figurative de l’artiste, au début de sa carrière. Autre information inédite sur le sujet : « Vasarely ne souhaitait pas passer derrière la caméra mais il réfléchissait à un projet de vidéo-projection de ses toiles. », nous confie la spécialiste.

Admiration mutuelle et complémentarité des rôles, le réalisateur et le « Père de l’Op’Art » partageaient avant tout une démarche identique : traduire des émotions en couleurs… et en mouvement !

Le volet avignonnais de l’exposition joue les prolongations jusqu’au 6 novembre prochain… qu’on se le dise !

© Céline Zug

« Vasarely & Les Demoiselles de Rochefort »

La soirée était animée par Pauline Mari, Docteure en Histoire de l’Art, Pierre Vasarely – petit-fils de Victor & Odile Guichard tous deux commissaires de l’exposition