© DR

Les femmes de la Résistance seront à l’affiche du cinéma Utopia Manutention pour une séance unique du docu-fiction « Laurette 1942, une volontaire au camp du Récébédou », jeudi 11 mai à 20h15. La projection sera suivie d’une rencontre-débat avec le réalisateur Francis Fourcou.

Le 11 mai prochain, soit trois jours après les commémorations du 8 mai 1945, le cinéma Utopia Manutention programme une séance unique de “Laurette 1942, une volontaire au camp du Récébédou”. Ce documentaire-fiction réalisé par Francis Fourcou en 2015 a fait l’objet, depuis sa sortie en avril 2016, de nombreuses projections, notamment auprès des scolaires. Un devoir de mémoire et un vibrant hommage aux héroïnes de la Résistance, comme l’explique le réalisateur : « Les premières résistantes étaient des femmes, leur rôle dans la constitution des réseaux fut déterminant, comme Angèle Bettini à Toulouse. Et pourtant, sur 1038 Compagnons de la Libération, 6 seulement sont des femmes », souligne le réalisateur. Au cours du film, nous retrouvons Angèle Bettini, aujourd’hui âgée de 95 ans : « Plus que remarquable, cette femme est une héroïne véritable pour laquelle j’ai une admiration profonde », confie Francis Fourcou. Le témoignage d’Angèle est capital, comme celui d’autres « rescapées » telles qu’Edith Moskovic, qui sera peut-être présente à la rencontre-débat le 11 mai, juste après la projection du film.

L’histoire

Été 1942, Laurette Monet a 19 ans. Jeune protestante étudiante en théologie, elle découvre en s’engageant dans la Cimade (Comité Inter Mouvements Auprès des Évacués) le camp d’internement français du Récébédou, au moment des grandes déportations. Pendant un an, Laurette accompagne et protège les populations internées par le gouvernement de Vichy : juifs allemands, autrichiens, hongrois, antinazis expulsés par Hitler, antifascistes, républicains espagnols ou résistants, indésirables à la police du Maréchal. Face à l’horreur de ces antichambres de la solution finale, la conscience de cette protestante humaniste, femme parmi d’autres femmes, bascule dans la résistance. Son expérience lui inspire alors le livre « Les miradors de Vichy » (Ed. de Paris) qui servira de support au film de Francis Fourcou. L’histoire de “Laurette 1942” est narrée par le comédien Philippe Caubère, entre images d’archives, témoignages et reconstitution des faits.

Le camp du Récébédou

Situé dans la banlieue de Toulouse, le Récébédou était avant tout une cité de baraques pour la population ouvrière de La Poudrerie. Le site tire son nom de l’occitan « bordo del récébedou », la ferme du receveur… un « camp-hôpital gigantesque » qui va recevoir, de 1940 à 1942, 500 000 réfugiés pour une dernière escale avant Auschwitz. Francis Fourcou précise : « La France des Camps, de 1939 à 1942, ce sont plus de 200 lieux d’internement, aujourd’hui oubliés, ignorés, ou disparus sous la végétation ou l’urbanisation galopante. Si l’on questionne autour de soi, qui sait que 5 camps fonctionnaient aux portes de Toulouse ? Les trois camps de Portet, le Récébédou, Clairfont (…) » Depuis 2003, Le Récébédou est devenu un Musée de la Mémoire. C’est là que Francis Fourcou a pris connaissance du livre de Laurette Monet.

Pour ne pas oublier

La force de “Laurette 1942” est de nous rappeler, comme le précise Francis Fourcou, que “Les femmes, portées par leurs convictions, ont constitué le cœur de la Résistance civile, et elles n’oublient jamais leur lien charnel avec l’humanité.» Le film est aussi un rappel à l’ordre, à notre histoire, à notre mémoire. « Connaître son histoire, c’est éviter qu’elle se répète.» Un message qui reste toujours d’actualité.

“Laurette 1942, une volontaire au camp du Récébédou”
Jeudi 11 mai à 20h15
Cinéma Utopia La Manutention

4, rue des Escaliers Sainte Anne – Avignon
séance unique, suivie d’une rencontre avec le réalisateur Francis Fourcou
Tarifs : 6,50€
Renseignements au 04 90 82 65 36