Simonetta Greggio est une auteure qui ne rentre dans aucune case, elle passe avec la même aisance d’un roman fait de passion à un autre très engagé. Une seule ligne de conduite pour cette femme de caractère : rester libre et ne jamais baisser les bras. Aussi joyeuse que révoltée, Simonetta sera à la médiathèque de Robion samedi 1er octobre à 10h, une rencontre où il sera question de littérature entre autres sujets captivants.

Simonetta Greggio a posé ses valises à Robion il y a huit ans, devenant de fait plus Vauclusienne qu’Italienne :”J’ai eu un vrai coup de foudre pour ce petit village où je me sens bien, c’est l’endroit idéal pour travailler. Je supporte de moins en moins la foule et la ville, il y a des gens formidables ici qui sont de véritables créatifs” confie cette femme chaleureuse à l’intelligence incisive, qui nous reçoit au milieu de ses oliviers en toute simplicité. Elle sera à la médiathèque de Robion pour présenter son dernier livre “Black Messie”, mais surtout pour parler littérature : “Ce n’est pas une opération de promotion, plutôt une vraie rencontre autour de la littérature. Il est important de dire aux gens qu’écrire est à la portée de tous, c’est une thérapie positive. Une façon de rentrer à l’intérieur de soi, d’arrêter le temps et d’y réfléchir”.

Une revanche pour sa mère qui n’a pas pu écrire

Née à Padoue, elle est l’aînée d’une fratrie de 4 enfants dont 3 frères :”ça n’a pas été de tout confort car j’ai pris la violence paternelle de plein fouet”. L’écriture lui est venue dès sa plus tendre enfance, grâce à une mère qui lui a montré le chemin de la lecture : “Je crois que j’écris à la place de ma mère, un peu comme Colette, elle m’a appris à écrire avant que j’aille à l’école et j’ai toujours aimé raconter des histoires”. Par chance pour les lecteurs elle sait aussi les écrire ! Elle commence sa carrière de journaliste entre Paris et l’Italie. Son premier roman “La Douceur des Hommes” est une petite merveille qui oscille entre récit de voyage et correspondance intime entre une jeune fille et une vieille dame. Loin de s’enfermer dans un genre, elle frappe fort avec “Dolce Vita” qui balaie les années chaotiques de 1959 à 1979 ou encore “Les nouveaux monstres  1978-2014” qui pointe, quant à lui, les accointances entre Vatican, mafia et politique.

Féministe et féminine

Le féminisme n’est pas un gros mot pour celle qui assume ses choix “je n’ai jamais rien regretté”, elle ne renonce pas pour autant à sa part de féminité. Faisant corps avec la nature qui l’entoure, elle resplendit en jean’s déchiré, pieds nus et joliment chapeautée. Avec son sourire généreux elle aborde les sujets graves avec un militantisme non feint : “la culture est constamment attaquée, en France, il reste encore quelque chose du domaine de la liberté, mais peu à peu on incite les gens à ne plus penser, c’est regrettable !  Je le constate avec la politique menée dans le village, c’est une désolation. Mais il y a un terreau de résistance qui dépasse les politiques car les choses complexes, on ne peut pas les simplifier”. Il faut lire Simonetta, la rencontrer, lui parler… pour le plaisir et pour la féliciter d’avoir choisi de demeurer près de chez nous.

Rencontre avec Simonetta Greggio
Samedi 1er octobre 2016 à 10h
Médiathèque de Robion(84)