©Céline Zug

Michel Boujenah a choisi un sujet plein d’émotion pour son troisième film “Le cœur en braille”. Il révèle deux jeunes talents et soigne sa mise en scène, aidé par un scénario aussi bien écrit que le livre de Pascal Ruter, dont est tiré le film. Une histoire à voir en famille qui fait du bien en cette fin d’année.

Michel Boujenah a rencontré la presse et le public vendredi 2 décembre pour leur présenter son troisième film “Le coeur en braille”, tiré du livre de Pascal Ruter. Cette fois encore, il s’est entouré des comédiens Charles Berling et Pascal Elbé qui sont aussi un peu sa famille : “C’est parce que j’ai déjà travaillé avec eux qu’ils sont devenus mes amis et non l’inverse, explique le réalisateur, nous avons plaisir à travailler ensemble. Quand on travaille avec des amis il n’y a pas de langue de bois“. Pour ce film, il s’est aussi fait découvreur de talent avec une jeune comédienne, Alix Vaillot, qui jouait pour la première fois : “Quand elle a pris son violon, j’étais déjà ému alors quand elle a joué c’était l’évidence. Je lui ai demandé pourquoi elle voulait ce rôle et elle m’a répondu : parce que la musique c’est tout pour moi, le reste coulait de source“. Jean-Stan Du Parc, son compagnon de jeu,  a un peu plus d’expérience malgré son jeune âge, et crève l’écran de sa belle bouille : “C’est un acteur né, il a un talent fou et il a un jeu tellement naturel, c’est un peu un Benoît Magimel dans son premier film. S’il maintient son choix, il sera un grand acteur“. Si le livre se positionne du point de vue du jeune garçon, Michel Boujenah a préféré le situer d’après celui de la jeune fille  :”l’histoire me touche tout particulièrement et je me fous de savoir pourquoi. Y’ en a marre de vivre dans la société de l’Aveu et cette histoire me bouleverse avec les yeux de cette petite fille qui devient aveugle et qui est la seule à y voir clair“.

 

Une histoire en forme de leçon de vie

Le sujet de la cecité peut sembler pesant mais la fraîcheur de cette troupe de gamins solidaires allège le propos. Au final, Michel Boujenah réussit un film joyeux qui est une vraie leçon de vie. “J‘ai du mal à me séparer de ce film car j’adorais être au montage, mais c’est pour le public que je l’ai fait, c’est comme faire à manger, on ne fait pas à manger que pour soi, ça se partage“. Il n’en reste pas moins anxieux : “c’est pas une grosse machine ce film, personne ne l’attend. C’est le public qui en sera le meilleur ambassadeur. J’y ai mis du cœur et de la sincérité parsemés de passion. Pour l’instant chaque avant-première se passe bien, mais est-ce qu’ils ne sont pas polis ?  Qu’il se rassure, c’est un film qui rend un bel hommage à cette période de la vie où il faut quitter l’enfance, il dirige remarquablement cette troupe de gosses irrésistible et évite le pathos d’un drame annoncé pour la petite Marie. C’est un film où l’on rit et où l’on pleure, la vie quoi… et le cinéma comme on l’aime. Sortie le 28 décembre