© Clément Puig
3 ans après « Distances », son précédent opus, le chanteur guitariste Mathis Haug revient avec un nouvel album, aux frontières du folk, du blues et même de la musique des balkans. Boîte à Culture a rencontré le musicien à quelques jours de la sortie dans les bacs du bien nommé « Wild Country ».

Ses albums ont beau être rangés au rayon blues de votre disquaire, il serait bien réducteur de cantonner Mathis Haug aux seules 12 mesures venues du delta du Mississipi. Né il y a une quarantaine d’années outre-Rhin, c’est à l’écoute de vieux enregistrements de bluesmen des années 30 qu’il s’initie à la « musique du diable ». Enfant, sa famille s‘installe dans le sud de la France, et c’est là qu’il fera ses classes de musicien, de clubs en festivals, de bars en soirées privées. Établi dans la région de Nîmes, Mathis Haug en est déjà à son troisième album studio sous nom. Son petit dernier, sorti la semaine dernière, s’appelle « Wild Country ». Un titre à double-sens, qui reflète bien l’état d’esprit dans lequel Mathis a écrit et composé ses chansons : « contrée sauvage, c’est le monde dans lequel nous vivons … je me demande dans quel sens on va, je pense qu’on est gouverné par des fous et il faut que nous, citoyens, nous nous prenions en main car si on continue comme ça on va droit dans le mur… ». Un album militant donc, aux couleur folk et country : «La country est une musique que j’affectionne particulièrement, qui raconte des histoires très simples. En résumé, c’est un album sur la citoyenneté et sur l’écologie, sur une musique simple.»

“Wild Country” arrive donc 3 ans après “Distances”, son précédent album, réalisé par l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau. Trois années durant lesquelles Mathis a beaucoup joué, et échangé : « J’ai beaucoup tourné avec mon acolyte Stefan Notari à la batterie et aux percussions, et j’ai produit deux albums : un pour la chanteuse amérindienne Pura Fé et l’autre pour une marocaine qui s’appelle Oum, pour qui on a enregistré l’album dans le désert du Sahara. Il y a eu pas mal de rencontres pendant ces trois années, et je pense que c’est aussi pour cela qu’on fait ce métier. » Des rencontres et des voyages qui ont nourri la gestation de “Wild Country” : « J’ai voulu apporter de nouvelles couleurs à ma musique… ça a été une session d’enregistrement très spontanée, j’ai très peu préparé et j’ai voulu laisser s’exprimer les invités comme ils le souhaitaient ». Et parmi ses « invités » conviés au Studio Vega de Carpentras, on retrouve le fidèle batteur (mais pas que) Stefan Notari, Mike Latrell aux claviers (Popa Chubby), le pianiste et violoniste Christophe Cravero (Dick Annegarn, Sanseverino) ou encore l’accordéoniste malgache Régis Gizavo (Cesaria Evora). « Il y a du violon, de l’accordéon, des percussions, du piano, du banjo, de l’harmonica, c’est vieux comme le monde et c’est pourtant actuel, car ça ne se démode pas.»

Comme dans « Distances », Mathis Haug convoque les esprits de Tom Waits et Dylan dans sa musique, mais l’arrivée du violon et de l’accordéon donnent effectivement à l’album de nouvelles couleurs, qui rappellent également John Mellencamp, et qui lorgnent aussi vers la musique des balkans : «Il y a des côtés très européens dans ce disque au niveau des influences. Mais la musique américaine, dont je suis très fan, est finalement issue de la musique européenne à la base, donc tout se rejoint. »

« Wild Country » reçoit déjà un très bon accueil dans les médias, mais Mathis Haug, c’est aussi un artiste à voir et écouter sur scène. Il sera le 24 mars prochain sur la scène du Théâtre de l’Eden à Sénas, accompagné par le guitariste Benoît Nogaret. Les salles parisiennes (Pan Piper et New Morning) l’accueilleront quant à elles en mars et avril, en attendant les festivals de l’été.

 

MATHIS HAUG « WILD COUNTRY »
Nueva Onda Records – Harmonia Mundi
www.mathishaug.com
en concert au Théâtre de l’Eden, Sénas le 24 mars
Découvrez  l’interview de Mathis Haug pour BàC
Images et montage : Olivier Tresson