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Jusqu’au 1er mai, ce sont plus d’une soixantaine de tirages photographiques qui tentent de percer « le mystère Marilyn » à L’Hôtel de Caumont – Centre d’Art d’Aix-en-Provence. L’exposition “Marilyn, I Wanna Be Loved You” apporte un nouvel éclairage sur le rapport ambigu de la star avec la photographie et les photographes. Visite guidée.

« I Wanna Be Loved by You… », susurre en boucle Marilyn à l’oreille du visiteur. Un refrain entêtant pour un accueil tout en douceur. Qui n’a jamais rêvé de se lover dans les bras de “la blonde la plus scandaleuse d’Amérique”? Le titre de l’exposition résume la quête absolue de la star “femme-enfant” : aimer et être aimée, comprise, rassurée… une relation ambiguë entre son image publique et privée, un triangle amoureux entre elle, la photo et le photographe… Marilyn, qui es-tu ? « Je la connaissais bien actrice mais c’est le modèle photogénique que j’ai découvert en préparant cette expo », nous confie la commissaire de l’exposition Sylvie Lécallier, lors de notre entretien.

« Miroir, mon beau miroir… »

Toute sa vie, à l’écran comme à la ville, Marilyn n’a eu de cesse de chercher son moi profond. Les caméras et les appareils photos sont des miroirs ou des mirages et les photographes sont ses psychanalystes, d’André de Dienes à Cecil Beaton, de Richard Avedon à Sam Shaw… Certains d’entre eux jouent un rôle capital dans sa vie, comme Milton Greene, avec qui elle fondera les Marilyn Monroe Productions Inc. A chaque séance, Marilyn se livre totalement : elle invite Ed Feingersh à la suivre dans son quotidien pendant une semaine. Des images intimes pour le plus grand bonheur de ses fans et une méthode de communication redoutable. Marilyn, pionnière d’Instagram ? Prisonnière de l’image d’ingénue que les studios lui collent à la peau, l’exposition nous rappelle que la belle blonde est loin d’être idiote. On la voit amoureuse des lettres et des hommes de lettres, dansant avec son grand ami Truman Capote ou en voyages de noces avec Arthur Miller.

L’art de la mise en scène

La scénographie sublime et subtile, entre intimité et spectaculaire, a été confiée au designer Hubert Le Gall. L’exposition se  décline sur 2 étages et 7 salles : de Norma Jeane à Marilyn, de la pin-up à la star de cinéma, femme fatale et femme fragile. Point de tapis rouge mais de la moquette gris perle qui sied parfaitement à l’univers de Marilyn, comme si elle nous invitait dans son boudoir. On a l’impression de pénétrer dans son intimité, de mieux la connaître… les photos, supports multimédia et petits films d’archives dévoilent les moments clés de sa vie, tel un journal intime. Marilyn elle-même maitrisait l’art de la mise en scène, comme nous le confirme Sylvie Lécallier : «Consciente de sa photogénie, elle comprend très tôt l’importance de la mise en scène et le pouvoir des médias et fera d’eux un instrument pour véhiculer l’image de celle qu’elle voulait devenir. »

A Fleur de Peau

Celle qui ne portait qu’une goutte de Chanel N°5 en guise de nuisette avait un rapport très organique au vêtement : “Elle avait conscience de l’érotisme de sa peau et en a fait une arme de séduction”, précise la commissaire de l’exposition. “J’ai été très étonnée de découvrir qu’en dehors des tournages et de certaines séances photo, elle ne portait pas de bijoux”, ajoute-t-elle. Au 2ème étage de l’exposition, sous le commissariat d’Olivier Lorquin, on découvre que curieusement, l’actrice n’a jamais été une égérie mode. “Les clichés de Bert Stern pour le magazine Vogue parlent d’eux-mêmes : Marilyn, toute de Dior vêtue, paraît absente. La magie n’opère pas”, remarque Sylvie. Le photographe s’enferme alors dans une chambre d’hôtel pour 12 heures de shooting intense. Une “Dernière Séance” inoubliable, dans laquelle le sex symbol se met littéralement à nu.

Une icône populaire

Aussi sophistiquée soit-elle, Marilyn avait aussi ce côté “girl next door”. Une icône de la culture populaire qui attire un nouveau public au Centre d’Art d’Aix-en-Provence :  “Cette exposition témoigne d’une volonté d’ouverture. On sort du cadre classique. C’est un défi car elle attire un public qui ne franchirait pas forcément les portes de l’Hôtel de Caumont”, souligne la commissaire. Mission réussie. Fin de la visite, et Marilyn, évanescente, disparaît dans un dernier “boo-boo-bee-doo !”

Exposition “Marilyn, I Wanna Be Loved By You”
Hôtel de Caumont – Centre d’Art
3, rue Joseph Cabassol – Aix-en-Provence
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Visites commentées de l’exposition : tous les jours jusqu’au 2 novembre 2016 à 16h
Tarifs de  5 à 13€ 
Renseignements et réservations : 04.42.20.70.01 /ou directement en ligne

Marilyn photographiée par Bert Stern en 1962

“The Last Sitting – Marilyn Monroe With Roses” 1962 © Estate of Bert Stern