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Le groupe de funk français Electro Deluxe était de passage en Vaucluse, pour un concert explosif à l’Auditorium Jean Moulin du Thor vendredi 13 janvier. L’occasion pour Boîte à Culture de rencontrer, juste avant leur prestation, James Copley, le chanteur du groupe …

De mémoire de vauclusien, rarement l’Auditorium Jean Moulin aura connu une telle effervescence et les quelques 650 spectateurs présents au concert d’Electro Deluxe vendredi 13 janvier, sont repartis conquis … K.O. mais conquis. La phrase lancée lors du concert à l’assistance par le saxophoniste Thomas Faure résume bien l’état d’esprit d’E2L: « Dans la famille jazz, nous, on est les cousins un peu barjots !»

Il faut dire que le sextet jazz-funk-soul-groove sait y faire pour inciter son public à bouger, onduler, chanter. La recette : un répertoire funky à souhait, une section cuivre virtuose, une rythmique imparable où s’imbriquent savamment lignes de basse groovy, breaks de batterie, et parties de claviers « vintage ». Quant au chanteur, c’est un peu la cerise sur le gâteau. Dernier arrivé dans la famille Electro Deluxe, le charismatique James Copley s’est peu à peu imposé comme maître de cérémonie sur scène.

Back to basics

Pour autant, cet américain, français d’adoption, se défend d’être à l’origine du virage musical opéré ces dernières années par le groupe. D’un jazz instrumental aux accents groove et electro, E2L a amorcé un retour aux sources soul et funk. « C’est normal. Ce n’est même pas un virage, c’est une évolution, on ne porte pas la même chemise pendant 15 ans, et on ne joue pas la même musique pendant 15 ans. » ironise James Copley. « Cet album là est différent du précédent, qui lui-même était différent du précédent. Le prochain sera peut-être à nouveau instrumental… j’espère pas ! (rires) »

Ce nouvel album, baptisé Circle, a été enregistré dans les conditions du live : « C’est la meilleure façon d’enregistrer pour nous, nous avons fait notre réputation sur les planches, et c’est ce qui se rapproche le plus de la musique qu’on fait sur scène, on a la même dynamique. » Et qu’en est-il du titre de l’album, Circle ? « C’est le cercle de la vie, ça parle d’histoires très personnelles, on a perdu plein de gens l’an dernier, on en a gagné d’autres, nous sommes maintenant tous des papas dans le groupe. Sans rentrer dans le détail, ça parle de nos vies personnelles, et de l’évolution des choses.»

Impliqués dans toutes les tâches

Electro Deluxe fait partie du club très fermé des groupes qui cartonnent sans l’appui d’une maison de disque. « Ce n’est pas un choix, reconnaît James, j’aimerais bien que quelqu’un fasse les « tâches ménagères » pour nous (…) mais ça nous donne beaucoup de liberté. De toute façon, c’est trop tard : à notre âge et avec notre expérience, on n’intéressera plus aucune grande maison de disque ». Sans chaperon, les 6 membres du groupe se partagent donc le boulot : « on fait ça très sérieusement car c’est notre boutique, notre entreprise, notre marque. Musique, merchandising, tournée, on est impliqué dans toutes les tâches. » Et parmi ces missions importantes pour un groupe qui ne bénéficie pas des gros moyens d’une major, il y a la communication. E2L est d’ailleurs très présent sur le web et les réseaux sociaux et leur page Facebook affiche fièrement 37 000 « like ». « C’est notre façon de communiquer (…) et il faut faire avec nos petits moyens. Mais on y arrive. Le meilleur exemple, c’est qu’il y a deux semaines, on était à Tokyo, et les gens connaissaient nos chansons par cœur, il y a des gens qui venaient de Corée ou de Thaïlande pour nous voir, et tout ça, c’est grâce à internet et aux réseaux sociaux. »

Le 5ème album studio d’Electro Deluxe, « Circle », est dans les bacs depuis septembre, et le groupe a logiquement entamé une tournée qui, après le Japon, l’emmènera dans quelques jours en Turquie, pour une série de concerts déjà à guichets fermés. Et James Copley nous l’a promis, Electro Deluxe devrait être de retour dans le sud à l’occasion des festivals de l’été.

Electro Deluxe « Circle »

http://www.electrodeluxe.com/

Ecoutez l’intégralité de l’interview que James Copley a accordé à Boîte à Culture