Boîte à Culture met en lumière le parcours d’un vauclusien expatrié. Rencontre avec Philippe Harig désormais néo-calédonien.

Il y a bien longtemps que le pontétien, Philippe Harig, pensait à mettre les voiles.  Le directeur adjoint du lycée René Char a fini par prendre le large : “Un départ à l’étranger ne s’improvise pas, il y a toujours des facteurs que l’on ne maîtrise pas à commencer par l’annonce faite à ses proches, leur faire accepter cet état de fait et se comporter en égoïste”.La rentrée des classes s’est donc déroulée entre palmiers et plages de sable blanc pour Philippe qui s’est installé en Nouvelle-Calédonie. “Les amis m’ont envié,  mais ils ne franchissent pas pour autant le pas. J’espère que la famille et les amis viendront, mais je sais que c’est loin, cher et qu’il faut du temps, il faut l’accepter. Même si par certains côtés c’est la France, le contexte n’a rien à voir avec la métropole”. A force d’observation, Philippe se fond peu à peu dans la culture locale :”Il faut s’ouvrir aux autres au maximum et s’imprégner des codes locaux. Partir c’est réapprendre l’humilité et se replacer au niveau de l’humain, cela permet réellement de s’oxygéner.”

La métropole ne lui manque pas

Bientôt 4 mois que Philippe est installé, il assouvit sa passion de la pêche, découvre avec curiosité les coutumes kanakes et n’est pas pressé de revenir : “Mis à part ma famille et mes amis rien ne me manque. Le contexte morose de la France me conforte dans l’idée que j’ai fait le bon choix. Mon impression est largement positive. Je reste persuadé qu’il faut partir dans de bonnes conditions morales et mentales sans fuir quelque chose. La distance fragilise, il est nécessaire d’être fort. La condition d’expatrié impose des droits mais aussi des devoirs, il faut gérer cela avec tact et diplomatie, nous ne sommes que de passage”. Heureux qui comme Ulysse (ou Philippe) a fait un long voyage, ou comme cestuy-là qui conquit la toison. Et puis est retourné, plein d’usage et raison, vivre entre ses parents le reste de son âge ! disait le poète Joachim Du Bellay, des vers qui résument bien la philosophie de Philippe.