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Ce vendredi 13 janvier, le cinéma Utopia Manutention programme en avant-première « Le Corbeau, la cigale et les poulets », le tout dernier film d’Olivier Azam. Une fable jubilatoire et peu ordinaire, dans la veine d’un Merci Patron ! La projection est suivie d’une rencontre-débat avec le réalisateur.

Il était une fois, dans une petite ville de l’Hérault, une bande de vieux potes à la retraite. Pierrot, Tintin, Jeannot « Le Suisse » et leurs camarades sont des héros « ordinaires », des vrais ! Des papys de la résistance, des militants associatifs qui œuvrent au quotidien pour que démocratie rime avec solidarité, justice… Sauf que voilà : un beau jour, le conte vire à la farce et nos protagonistes se retrouvent impliqués dans une histoire abracadabrantesque : « l’affaire du Corbeau ». Mais pourquoi eux? C’est la question que pose avec beaucoup d’humour le réalisateur engagé Olivier Azam dans son tout dernier film « Le Corbeau, La Cigale et Les Poulets ». Avec son équipe des Mutins de Pangée, il a côtoyé pendant six ans les principaux « suspects » de l’affaire.

Rappel des faits

Le 3 septembre 2009, onze habitants de Saint-Pons-de-Thomières sont interpellés dans « L’affaire du Corbeau » : en 2008 et 2009, des lettres anonymes signées « Cellule 34 » contenant des balles de 9mm sont envoyées à de nombreuses personnalités politiques dont le président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy. C’est une brigade entière de « poulets » antiterroristes qui déboule dans le patelin au petit matin. Pierre Blondeau, dit « Pierrot « , est le suspect numéro un… Olivier Azam explique : « Ce qui a éveillé les soupçons, c’est « La Commune », le feuillet d’opinion qu’écrit Pierrot. Une sorte de Canard Enchaîné local, diffusée gratuitement dans le village à tous les élus et aux gendarmes. Mais il n’est ni diffamatoire, ni anonyme ! » Faute de preuves, les suspects sont relâchés et l »affaire classée quand un habitant d’un village voisin avoue être l’auteur des courriers.

Une fable humoristique

« L’histoire est grotesque et la fable s’impose : les policiers, au moment des interrogatoires, ont eu l’humour de faire faire une dictée aux suspects autour du Corbeau et du Renard », remarque, non sans amusement, le réalisateur. « Le film est assez drôle et les gens rigolent beaucoup », nous assure-t-il.«On ne rit pas aux dépends des personnages, ça c’est très important pour nous. On rit avec eux parce que ce sont eux qui sont drôles et du coup, ça fonctionne. »

Petites victoires

« Le film a été diffusé en avant-première tout le weekend à Saint-Pons et on a fait un carton », se réjouit Olivier, avant de rajouter : « ça a été un triomphe total. Tout le village est venu et parmi eux, un certain nombre n’était pas vraiment des sympathisants,  (…) mais ils voient maintenant la cohérence des combats que mènent sur la durée Pierrot et sa bande. Ils font vivre la démocratie locale et beaucoup de gens du village en ont pris conscience ce weekend.» Une petite victoire qui pourrait devenir grande, grâce à la diffusion nationale du film : « Dans une période où beaucoup pensent qu’on ne peut plus rien faire, que tout est désespéré, que la lutte ne sert à rien, on voit vraiment tout le contraire et c’est là que je pense que le film est assez encourageant. » précise le réalisateur, avant de conclure : « Ce qui est important dans les luttes c’est que pour que ça tienne, il faut pas qu’on s’emmerde ni que ce soit un sacrifice permanent. Il faut que ce soit aussi très amusant de le faire ! »

A une semaine de la sortie officielle du film, la tournée de promotion bat son plein et fait salle comble grâce au bouche à oreille, alors si vous n’êtes pas superstitieux, soyez au rendez-vous vendredi 13 !