© Céline Zug

Elle est l’une des artistes les plus créatives d’Avignon. Son parcours est à l’image de sa singularité, teinté d’un grain de folie qui se retrouve dans ses œuvres, et d’un militantisme dépourvu d’agressivité. NatiNath fête ses 51 ans mais aussi ses 30 ans de métier, avant tout un mode de vie selon elle.

La rue des Teinturiers était en liesse ce vendredi soir, 16 septembre et tout particulièrement le numéro 57, à l’occasion du double anniversaire de NatiNath. L’artiste plasticienne la plus étonnante d’Avignon, fêtait à la fois ses 51 ans et ses 30 ans de pratiques artistiques. L’amazone des temps modernes n’a jamais lésiné sur la créativité ; son credo, une démarche de liberté sans concession : “C’est souvent un prix à payer, lourd mais non négociable” nous confie-t-elle. Cette petite-fille d’Arménien a compris dès son plus jeune âge qu’elle ne devait dépendre de personne : “J‘ai reçu très tôt des valeurs qui m’ont poussée à affirmer ce que je suis”. C’est avec la restauration de tableaux qu’elle commence à travailler juste après sa sortie des beaux-arts. A cette époque, elle exprime sa colère dans un art brut et direct, en pleines années sida, montée du FN et capitalisme sauvage…” J’avais l’énergie pour me battre et je croyais à la forme militante de l’art” précise NatiNath.

Un voyage à Tahiti fait basculer son art

En 1994, elle décide de partir sur les terres d’origines de sa grand-mère :”Ce fut un choc émotionnel et artistique” et
pour cause, le petit personnage qu’elle dessine depuis ses 17 ans s’avère être un symbole pour les Tahitiens. Mémoire archaïque ou simple coïncidence ? Elle décide dès lors, de faire de la nature sa première source d’inspiration : “Rien de bien difficile à cela, j’ai un rapport physique à l’environnement“. Dans la foulée, le recyclage arrive dans ses créations, puis sa démarche “natter l’instant”, “C’est une sorte de patchwork collectif, constitué de carrés de tissu où chacun peut s’exprimer et qui sont ensuite tressés pour créer du lien”. Depuis 2000, elle en a réuni  3200.  “Je ne sais pas quand cela prendra fin !” s’amuse-t-elle, “C‘est une oeuvre collective, un peu comme une utopie participative à laquelle je continue à croire !“affiche NatiNath déterminée. Tel son personnage qui a les pieds au sol et les bras levés, Nat fait son chemin dans le monde de l’art à grands coups de “dripping” vestimentaire (technique de projections inspirée par Pollock), de toiles insolites et de quelques pièces tirées de son cabinet de curiosités. Pas moins de 40 pièces sont là, à attendre le public qui ne manquera pas de repartir charmé par la femme, l’artiste, ses créations… et tant encore.

Exposition “30 ans de peinture”
Jusqu’au 30 septembre 2016
à l’atelier-galerie La Toile 57 rue des Teinturiers à Avignon