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Il faisait bon méditer sur la puissance de la joie avec le philosophe, sociologue et écrivain Frédéric Lenoir ce mardi 10 janvier au Théâtre du Chêne Noir, dans le cadre des « Conférences sous le Chêne ».

« Reboosté», « mieux», «bien», «joyeuse», les adjectifs et les sourires fusent à l’issue de la conférence donnée par Frédéric Lenoir sur « La puissance de la joie ». Le philosophe-sociologue-chercheur-écrivain arrive tout juste de sa cure ayurvédique en Inde et s’excuse d’avance pour tout bafouillage que le jet-lag pourrait lui causer. Lunettes rondes à la John Lennon, barbe et cheveux blancs tel un barde, c’est devant une salle comble suspendue à ses lèvres que le conférencier s’exprime une heure durant, sans pour autant se prendre pour Dieu.

QU’EST-CE QUE LA JOIE ?

« Etre tout en joie »,« se faire une joie de », « joie de vivre »… sont autant d’expressions que nous utilisons au quotidien mais qu’est-ce que la joie, au juste ? Pour Frédéric Lenoir« C‘est la manifestation de notre puissance vitale. Une force, une énergie extraordinaire qui fait qu’on se sent vivre plus et mieux ». Contrairement au bonheur qui est un état, la joie est émotion. Elle est en chacun de nous mais nous devons « dire oui à la vie, lâcher prise pour y accéder. Chez les Taoïstes, il s’agit de retrouver la joie de l’enfance, que l’on perd à l’âge de raison. La joie est très présente dans les Evangiles », nous rappelle Frédéric, avant de conclure : « Au fond, toute joie profonde, c’est la joie de vivre. » Il s’appuie sur Spinoza, « premier philosophe de la joie » mais aussi sur Bergson, qui distingue joie et plaisir. Dans l’assistance, on chuchote : « Ses propos sont accessibles car il va à l’essentiel. » Séquence émotion, rires et moments plus graves ponctuent les questions-réponses avec le public.

DOCTEUR FEEL GOOD

Pendant la longue séance de dédicace qui suit la conférence, « merci » se conjugue sur toutes les lèvres. « J’ai traversé une période très difficile et si je suis en vie, c’est grâce à lui !» confie une spectatrice. « Ça nous aide à relativiser », confie son amie. Quand on demande à ce « Docteur Feel Good » ce que les retours de ses lecteurs lui procurent, il répond : « Je me sens utile et cela me met en joie ! » Bienveillance, douceur et compassion émanent de celui qui œuvre modestement à « guérir le monde ». La séance de dédicace s’achève par le divin couscous de Marguerite, chef émérite du théâtre. Ô joie ! Bonheur absolu ! À moins que ce ne soit (que) du plaisir ?

Frédéric Lenoir, « La Puissance de la joie » (Fayard, 2015)

BàC a recueilli les impressions « à chaud » du public après la conférence