L’équipe du film “Abdel et la Comtesse” au Capitole Studios Cinéma ©Céline Zug

C’est au Capitole Studios Cinéma que BàC a rencontré l’équipe de la nouvelle comédie d’Isabelle Doval, “Abdel et la Comtesse”. Rencontre avec la dynamique Charlotte de Turckheim et le très séduisant Amir El Kacem, un duo de comédiens aussi attachants à l’écran qu’à la ville. 

C’est avec une longue discussion sur la différence entre grossièreté et vulgarité que débute notre entrevue avec l’équipe d’ « Abdel et la Comtesse ». Il faut dire que ce film d’Isabelle Doval (Fonzy, Rires et Châtiments), qui sort ce mercredi 9 mai, évoque les contrastes, le choc des cultures entre aristocratie et cité et s’attarde dans une scène très cocasse sur cette différence qui fait souvent débat. Cette comédie met à l’écran un couple que tout semble opposer. Abdel, un jeune voyou sympathique, passionné d’art, est interprété par l’acteur qui monte, Amir El Kacem et pour représenter l’aristocratie, c’est Charlotte de Turckheim qui s’est naturellement imposée à la réalisatrice. L’artiste à particule, sans doute la plus populaire de France, campe le rôle de la comtesse de Montarbie d’Haust.

« J’adore jouer la comédie ! »

C’est une Charlotte de Turckheim des plus en forme, une véritable ado, extrêmement jeune et toujours pleine de fantaisie selon Isabelle Doval, que nous retrouvons au Capitole Studios Cinéma. Celle qui pose régulièrement ses valises à Eygualière, dans son mas des Alpilles, se livre sur son personnage.
« C’est quelqu’un qui est dans un moment de rupture, de changement et dans le fond, ils sont semblables avec Abdel […]. Je trouve que c’est autant un choc de cultures que de personnalités. Que je sois aristo et que lui vienne des cités, on s’en fout ! On a la même problématique qui est de rompre avec les codes. Ce qui me plait, c’est que chacun de nous est amené à faire un pas de côté, à avoir un sens critique, pour revenir ensuite à ses propres origines. »

Et même si sa carrière aurait pu être toute tracée du fait des ses origines aristocratiques, Charlotte a choisi des chemins de traverse. Habituée à incarner des comtesses, notamment dans les Aristos en 2006, celle qui a fait ses débuts aux cotés de Coluche dans les années 70, ne s’est malgré tout pas cantonnée aux personnages étriqués. En témoigne sa popularité et ses rôles contrastés. Rebelle, Charlotte de Turckheim ?
« On est nombreux, je crois, à être appelé à être rebelle à notre milieu. Moi j’aurais dû épouser « Charles Édouard », être notaire ou banquière et ce n’est pas ce destin là qui m’a attendu. Est-ce que ce n’est pas aussi cela d’être un artiste. On a cette espèce de petit truc qui nous demande d’être rebelle. » nous confie enjouée la comédienne.

« Arsène Lupin 2.0 »

Pour incarner Abdel, « une petite frappe mais tellement adorable » comme le définit Isabelle Doval, la réalisatrice a fait appel à Amir El Kacem. « Cette expérience, c’est mon premier rôle principal au cinéma. Donc, quand j’ai passé les essais, j’ai essayé de ne pas trop me le dire, car cela met tout de suite beaucoup de pression […] et quand j’ai eu la réponse, je l’ai tout de suite annoncé à ma mère et ma tante qui ont été complètement hystériques ! »
Celui qui est actuellement à l’écran dans « Comme des Rois » aux côtés de Kad Mérad, et que l’on a pas fini de voir sur grand écran, joue un jeune délinquant expert en art, un Arsène Lupin 2.0 : « Abdel c’est un jeune qui habite en banlieue. Il est très doué et très cultivé, il est spécialiste en art. C’est un mec qui s’y connaît, il a une vraie passion. C’est un hybride entre le mec de banlieue et le garçon fasciné par l’art. Il dégage quelque chose. Il est malin, rapide ! » nous livre l’ancien élève du Cours Florent.

Le jeune comédien aussi doué pour la comédie que pour l’impro, a tout de suite séduit la réalisatrice mais aussi la comédienne Charlotte de Turckheim avec qui il s’est entendu comme larron en foire. Et cela transparait à l’écran, notamment dans une scène pittoresque dans laquelle Abdel explique à la comtesse l’attitude à adopter avant de mettre les pieds dans sa cité. De la démarche, au check , en passant pas les codes vestimentaires, ou le langage, tout est passé en revue et donne lieu à des rires en cascades.

“Abdel et la Comtesse”, une comédie sympathique et pleine d’espoir, campé par un duo de comédiens attachants, avec le séduisant Amir El Kacem (une véritable révélation), et la très spontanée Charlotte de Turckheim. À noter aussi de jolis seconds rôles avec Sam Karman et Anne Consigny. À voir dès mercredi 9 mai sur grand écran.

L’histoire

À la mort du comte Montbarbie d’Haust, son épouse lui promet de transmettre leur titre de noblesse et leur domaine à leur neveu, le seul garçon de la famille. Très attachée à ses terres, la comtesse à du mal à se faire à l’idée de léguer ses biens à Gonzague, le neveu peu scrupuleux, plutôt qu’à sa fille. Sa rencontre fortuite avec Abdel, un jeune délinquant, débrouillard et passionné d’art, va changer la donne. Et de ce duo improbable, va naître une alliance efficace et complémentaire, et surtout une amitié sincère.