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Béa Johnson « la grande prêtresse du zéro déchet », comme la surnomme le New York Times, était ce jeudi soir à La Boiserie de Mazan pour tenir une conférence-débat. Une rencontre organisée par le magazine Sans-Transition !, avec le soutien de la maire de Mazan et le Conseil Départemental de Vaucluse. Boîte à Culture a eu la chance d’échanger avec l’avignonnaise désormais installée outre-Atlantique.

Béa Johnson est grande, blonde, les yeux bleus, élégante, un vrai look de buisness woman et malgré ses convictions de défenseuse de l’environnement, nous précise ne pas avoir « de poil aux pattes», juste histoire de casser les clichés qui collent trop souvent à la peau des écolos. C’est donc à La Boiserie, ce lieu éco-contruit à Mazan que l’Américaine d’origine avignonnaise, a présenté son mode de vie et échanger avec le public venu nombreux pour l’occasion. « J’ai grandi au Pontet et je suis allée au Lycée Aubanel à Avignon, nous confie Béa Johnson. Je suis ravie de revenir ici, pour y voir mon père qui assistera pour la première fois à l’une de mes conférences. »

C’est d’ailleurs parce qu’elle avait un 2 de moyenne en anglais que la pétillante Béa se décide à partir faire une année comme jeune fille au pair aux États Unis. « A cette époque, jamais je n’aurais imaginé pouvoir écrire un livre en anglais. C’est pourtant chose faite ! Dommage que j’aie perdu le contact avec mon professeur d’anglais, je lui aurais envoyé ! » s’amuse-t-elle. Désormais installée à Sausalito tout près de San Fransisco, la française nous raconte comment sa vie de famille avec son mari Scott et ses deux enfants s’est transformée en une aventure hors du commun  : « C’est lors d’un déménagement transitoire où nous nous sommes retrouvés avec le strict minimum que nous avons découvert les bienfaits d’une vie simple avec plus de temps pour se retrouver en famille et entre amis. Nous avons adopté la simplicité volontaire et c’est grâce à elle que nous avons eu du temps pour nous éduquer sur les problèmes d’environnement ». Très soucieux de l’avenir qu’ils allaient léguer à leurs enfants, le couple se documente avec différents ouvrages et films dont « Home » de Yann Arthus Bertrand et trouve la motivation pour changer de façon de consommer : « Un mode de vie zéro déchet se traduit par une vie meilleure basée sur le verbe être et non avoir» affirme Béa Johnson. Pour cela, depuis 2006, cette « gourou » a une méthodologie bien à elle, facile à retenir qui inclut 5 commandements : « Refuser ce dont on a pas besoin, réduire ce dont on a besoin, réutiliser en remplaçant tout ce qui est jetable par une alternative réutilisable et en achetant d’occasion lorsque l’on a besoin d’acheter un bien matériel. Recycler quand on ne peut pas refuser, réduire ou réutiliser et enfin composter le reste. » Une règle qui fonctionne à merveille puisque la famille produit, à quatre, 1 litre de déchets par an *. « Ces déchets tiennent dans un bocal qui est avec moi, je l’amène lors de mes conférences. Il est très représentatif de notre mode de vie ». Béa Johnson insiste aussi beaucoup sur le fait que le zéro déchet est loin d’être fastidieux : « Beaucoup s’imaginent que cette façon de vivre est incompatible avec des vies professionnelles, et coûte plus cher. C’est tout le contraire ! Nous travaillons mon mari et moi à temps plein et nous faisons 40 % d’économies sur notre budget total. Par définition la simplicité volontaire n’est pas là pour vous compliquer la vie, elle est là pour simplifier. C’est grâce à ce gain de temps que vous découvrez une vie meilleure basée sur les expériences et non sur les biens matériels ». Un mouvement devenu global dont Béa Johnson peut être fière car il est désormais repris par des milliers de personnes à travers la planète et est en pleine expansion, en particulier ici en France.
Si vous n’avez pas eu la chance d’écouter les conseils de Béa Johnson à la Boiserie de Mazan, son livre “Zéro déchet” aux éditions Les arènes et son blog dévoilent au quotidien des centaines d’astuces et de conseils pratiques pour adopter un mode de vie durable.

* Chaque année en France, un habitant produit 354 kg d’ordures ménagères, soit 1 kg par jour et par habitant (source CNIID Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets) .

BàC s’est entretenue avec Béa Johnson, découvrez l’interview vidéo en intégralité
Montage : Jean Fichefeux