©BàC

Le Club Soroptimist International Avignon fêtait les femmes ce 8 mars en proposant dans le salon de l’Hôtel d’Europe, une conférence du conservateur du patrimoine Pierre Pourvoyeur sur la femme artiste. Le bénéfice de cette soirée sera reversé au Concours du chant lyrique Jeunes Espoirs de l’Opéra Grand Avignon.

Elles sont “sœurs pour le meilleur” et veillent à faire entendre et à affirmer au quotidien les droits des femmes à travers le monde. Pour fêter dignement cette journée internationale de la femme du 8 mars, les membres de Soroptimist Avignon, club services de femmes pour les femmes, avaient organisé une conférence sur le thème de la créativité féminine. Le but de cette soirée, récolter des fonds au profit de la 3ème édition du Concours de chant lyrique jeunes espoirs de l’Opéra Grand Avignon, dont l’antenne locale de Soroptimist est partenaire.
Dans un salon de l’Hôtel d’Europe comble, Christine Martella la présidente du club avignonnais a eu le grand plaisir d’accueillir et de présenter à l’auditoire Pierre Pourvoyeur. Le conservateur général honoraire du patrimoine et ancien directeur du Musée Calvet d’Avignon a donné une conférence sur la place de la femme dans l’art et notamment dans la peinture, à travers de nombreux exemples d’œuvres toutes aussi émouvantes, intenses et toujours liées directement à leurs vies personnelles. Il a étayé et appuyé ses propos à partir de deux ouvrages Artistes femmes la parenthèse enchantée XVIIIème au XIX siècle de Séverine Sofio (CNRS Éditons ) et le catalogue du National Museum of Women in the Arts. Le conservateur a évoqué entre autres les œuvres de la peintre italienne baroque Artimémisa Gentileschi, dont les traumatismes transparaissent dans ses œuvres sombres et parfois violentes, comme Judith décapitant Holopherne. Également citée : Camille Claudel, elle aussi punie d’être une femme artiste et qui vécut de grandes douleurs pour finir internée à Montdevergue tout près d’Avignon. «Les œuvres de Camille Claudel et d’Artimémisa Gentileschi se répondent à travers les siècles de l’injustice et de la violence faites aux femmes» souligne Pierre Pourvoyeur, qui a démontré à travers d’innombrables créations, combien il était difficile d’être une femme artiste au 19ème siècle. Et c’est avec « La fillette », la sculpture très évocatrice de Louise Bourgeois, artiste témoin des relations tumultueuses entre femmes et hommes, que le Conservateur général honoraire du patrimoine avignonnais a refermé cette conférence passionnante.

Artimémisa Gentileschi : Judith décapitant Holopherne ©DR

Camille Claudel : la Suppliante ©DR