Les Royales Marionnettes “Les Quatre Fils Aymon” sortie de résidence aux Doms  ©Céline Zug

Le Théâtre des Doms a ouvert son plateau aux Royales Marionnettes belges, le temps d’une résidence. Après une semaine de travail sur leur création “Les Quatre Fils Aymon”, la compagnie a dévoilé son spectacle pour la toute première fois, ce mardi 23 janvier, devant une salle comble. 

Après une semaine de travail en résidence au Théâtre des Doms, la compagnie belge Les Royales Marionnettes a présenté au public, ce mardi 23 janvier, sa revisite de la légende médiévale “Les Quatre fils Aymon”. Une véritable réussite à tous les niveaux. La confection des marionnettes s’est faite dans la plus pure tradition liégeoise, ciselées à la perfection, colorées et habillées avec soin. Les marionnettistes-comédiens (Didier Balsaux et Julien Collard) dialoguent avec elles jusqu’à leur donner vie. Ils passent sans temps mort d’un personnage à l’autre, adaptant leurs voix et leurs mimiques. Les décors se situent entre artisanat et art, et s’imposent dans une scénographie mouvante et astucieuse. Quant à la musique de Mounawar So Dar, elle accompagne les marionnettes, tantôt énergique au son d’une marche militaire, ou plus caressante quand vient l’émotion, toujours juste,  et s’adapte même à l’humour qui n’est pas absent de cette tragédie.

Les Quatre Fils Aymon symbole des luttes actuelles

Cette légende revisitée des quatre fils Aymon illustre très justement les luttes d’aujourd’hui. Quand le Duc Aymon est invité à la cour de Charlemagne avec ses fils, sa joie est immense, au point de jurer allégeance à son roi. Lors d’une querelle,  le second de la fratrie est humilié par le neveu du roi et le tue. Pour autant, le Duc reste loyal envers son roi et part pourchasser ses propres enfants. Commence alors une quête de plusieurs années pour trouver ces fils qui ont trahi. Pendant ce temps, le monarque vire tout doucement vers l’idolâtrie de sa personne, habité par l’obsession récurrente de se venger. Cette épopée européenne fait écho aux révoltes qui naissent de par le monde, elle interroge sur ce qu’est une juste révolte. Quand tout un peuple réclame justice, faut-il considérer ces opposants comme des voyous ? Faut-il rentrer en résistance face à un pouvoir inique ? Si cette histoire ne répond pas pleinement à ces questions essentielles, elle fait naître la réflexion avec pertinence. Le panache des personnages et la tragédie qui leur sert de destinée sont menés avec force et conviction.

La Compagnie prête pour une tournée

Pour la compagnie cette première publique a été le moment de vérité et c’est sereine qu’elle va pouvoir entamer une tournée à travers les pays francophones. La salle était comble et a applaudi à tout rompre ce spectacle qui a l’intelligence de s’adresser à tous, sans distinction d’âge, ni de niveau de connaissances historiques. La pièce se déclinera sous une forme de théâtre de rue pour les festivals qui se profilent au printemps. Et comme à chaque sortie de résidence au Théâtre des Doms, un pique-nique sorti du sac a permis aux acteurs de ce beau projet d’échanger avec le public, qui n’a pas manqué de manifester son enthousiasme.