Article écrit le 9 Mar 2017 ©Corinne Mariotte

Dans “l’Atelier Yvan” de la rue Carreterie à Avignon, l’artiste Corinne Mariotte, et Jean-François Roumégous, relieur, travaillent à la fabrication de livres inédits illustrés en gravures et collages, d’après le conte de « La Belle et la Bête ». Une édition luxueuse et limitée.

Le fameux conte relaté par Madame de Villeneuve en 1740, continue à inspirer artistes, curieux et écrivains, lui donnant ainsi une actualité frappante. C’est cette actualité que Corinne Mariotte a voulu représenter par ce travail d’illustration. La proposition est de rassembler des estampes en noir et blanc avec des images tirées d’articles de journaux. « On a une opposition entre des images qui sont issues d’une technique très ancienne, la gravure sur métal, et qui viennent rencontrer d’autres images plus fugitives qui sont celles de la presse quotidienne », précise l’illustratrice. Le résultat est étonnant et permet une lecture plus contemporaine de « La Belle et la Bête ». On y voit par exemple la Bête juxtaposée à Donald Trump, son palais entremêlé avec celui de l’Élysée, ou encore la Belle qui côtoie la star hollywoodienne Chloë Grace Moretz. Corinne choisit ses articles en fonction du texte du conte, ce qui donne un résultat singulier à chaque impression. « Il y aura quinze exemplaires du même livre avec les mêmes textes et les mêmes gravures, mais à chaque fois elles seront associées à des images de presse différentes. » Le pari est audacieux : chaque livre sera unique et réalisé artisanalement, de l’impression du texte jusqu’à sa reliure.

Les gravures sont faites entièrement à la main à partir de plaques métalliques passées dans une presse. Pour ce travail, Corinne  Mariotte utilise une presse à gravure dans l’Atelier Yvan de Jean-François Roumégous. Au-delà de prêter son atelier, ce relieur de profession s’implique dans l’édition du livre. « J’ai amené mon expertise pour l’édition, car elle reste un métier annexe à celui de la reliure finalement. On réfléchit au papier et à la forme que la reliure va prendre.” explique-t-il. Avec l’illustratrice, ils se sont tournés vers le parchemin pour habiller l’ouvrage, ce qui donne un côté bestial à l’ensemble et assure une longue conservation. « On cherche à réaliser un objet qui soit réellement en lien avec les thèmes abordés dans le livre, la temporalité ancien/moderne est un choix très réfléchi. Ce qui est intéressant dans les choix de reliure de ce livre c’est de conserver une image de presse en lien avec « La Belle et la Bête » et se dire que dans 500 ans ce sera encore là. »

L’Association des ateliers d’artistes avignonnais finalise l’organisation d’un événement en avril, pour lequel Corinne Mariotte espère pouvoir présenter un premier tirage de «La Belle et la Bête ».

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BàC est entrée dans les coulisses de l’Atelier Yvan à la rencontre de Corinne Mariotte et Jean-François Roumégous :