Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon © Céline Zug
La 71ème édition du Festival d’Avignon se déroulera du 6 au 26 juillet prochain, et sera placée sous le double signe de l’Afrique et de la femme. Son directeur Olivier Py en a dévoilé l’avant-programme ce mercredi, à l’occasion d’une conférence de presse organisée à la FabricA à Avignon.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, le président du « In » a d’abord laissé la parole aux représentants des collectivités locales. La Maire d’Avignon Cécile Helle a été la première à s’exprimer sur la scène de la FabricA et a souligné l’importance du Festival : « face à la montée du populisme, Avignon demeure un lieu de création, de débats, c’est un outil de combat contre l’obscurantisme ».
Jean-Marc Roubaud , président du Grand Avignon, a rappelé pour sa part que la culture est un investissement rentable : « On a coutume de dire qu’1 euro investi dans la culture en rapporte 10. Le Festival génère 23 millions d’euros de retombées sur notre territoire. »
La Région et le Département, quant à eux, étaient respectivement représentés par Michel Bissière et Elisabeth Amoros. Tous ont témoigné de leur soutien fidèle au Festival, en soulignant le maintien des subventions au même niveau qu’en 2016, et ce malgré une conjoncture difficile.

257 levers de rideau

C’est au tour d’Olivier Py de prendre la parole, et l’homme de lettres a d’abord parlé chiffres : L’édition 2017 proposera 41 spectacles, 50 si on y ajoute les « sujets à vifs » qui fêtent cette année leurs 20 ans. Parmi eux, 43 créations originales et 29 coproductions du Festival, car « nous ne sommes pas qu’un lieu d’accueil, nous sommes aussi propositionnels » précise le directeur.
Pour ce 71ème rendez-vous, créations françaises et étrangères sont à égalité, quant à la parité homme/femme, Olivier Py déplore qu’elle ne soit pas encore atteinte, même si cette année, 37 % des porteurs de projets sont des femmes : «À raison de 5% d’augmentation par année, je ne désespère pas, pour la dernière édition de mon mandat, qu’on arrive à atteindre la parité ».
En tout ce sont 257 levers de rideau et 430 rendez-vous incluant rencontres, lectures et autre conférences, qui composeront le Festival 2017.

L’Afrique et la femme à l’honneur

Plusieurs thématiques vont s’entrecroiser du 6 au 26 juillet. L’Afrique sub-saharienne sera l’invitée d’honneur avec 7 spectacles qui y seront consacrés. « Pourquoi l’Afrique ? parce que nous croyons qu’il s’y passe quelque chose, que le spectacle peut témoigner d’une Afrique nouvelle tournée vers l’avenir (…). Il y a beaucoup de femmes africaines dans cette programmation, car nous pensons qu’elles sont l’essor de l’Afrique de demain ».
Pour aller plus loin, c’est, selon Olivier Py, un « nouveau féminisme » qui ressort de cette programmation, dans laquelle la place des femmes est centrale : « être une femme est un combat politique au quotidien » ajoute-t-il.
Et c’est d’ailleurs une femme qui ouvrira le Festival le 6 juillet dans la cour d’Honneur : une version nippone d’Antigone, signée Satochi Miyagi. « C’est probablement un peu scandaleux d’ouvrir la Cour en japonais, mais il a prouvé avec le « Mahabharata » (en 2014 ndlr) que ses œuvres s’adressaient à un large public. »

Du politique au poétique

Autre femme, autre univers : Olivier Py a convié Christiane Taubira pour mettre en œuvre un feuilleton, intitulé « On aura tout » et consacré aux droits et aux grands textes fondateurs de la démocratie. Victor Hugo, Aimé Césaire, Condorcet, entre autres, seront « compilés » par l’ancienne Garde des Sceaux pour 14 épisodes d’une heure, présentés chaque jour dans le Jardin Ceccano.
Pas de Festival sans une pièce d’Olivier Py. Le metteur en scène avignonnais a décidé cette année de « s’attaquer » aux “Parisiens”, une pièce fleuve, tirée de son dernier roman, dans laquelle il promet aux provinciaux que nous sommes de « dire du mal » des habitants de la capitale.
Pour présenter ces 430 rendez-vous, de nouveaux lieux seront investis par le Festival : l’Autre Scène à Vedène, le Parc des Expositions d’Avignon, le CDC et les collèges Anselme Matthieu et Vernet.

Autre nouveauté : passer les barrières seulement muni de votre smartphone sera désormais possible, grâce à une billetterie dématérialisée. En tout, ce sont 122 000 billets qui seront mis en vente, et côté tarifs, la formule 4/40, soit 4 spectacles pour 40 euros pour les moins de 26 ans, sera toujours d’actualité.

Une belle édition en perspective qui se clôturera le 26 juillet, avec un spectacle mêlant les deux thématiques principales :  la femme et l’Afrique. “Femme Noire” de Léopold Sédar Senghor, sera présenté à la Cour d’Honneur, avec entre autres Angélique Kidjo, Isaach de Bankolé et la participation de Manu Dibango.

Festival d’Avignon
Du 6 au 26 juillet 2017
L’avant programme en détail : ICI

Affiche du Festival d’Avignon 2017 ©Ronan Barrot

Olivier Py : « Moi je crois y voir, entre ces deux personnages, un rapport qui tient de la résilience, puisqu’il y en a un qui aide l’autre à se tenir debout, à se lever ou peut-être à s’envoler».