Néant de Dave Saint-Pierre au Théâtre de L’Oulle à 10h30© Céline Zug

“Néant” est la nouvelle création du chorégraphe Dave St-Pierre. Il a choisi le Théâtre de L’Oulle pour le Festival Off d’Avignon. Le danseur-chorégraphe s’y produit jusqu’au 30 juillet à 10h30. Après avoir occupé, à l’occasion du “In”, la Cour d’Honneur, il a voulu profiter d’une forme plus intimiste pour ce solo proche de la performance.

“Néant”, la nouvelle création de Dave St Pierre, est un double électrochoc dans ce festival Off d’Avignon. D’abord dans la forme, proche de la performance, mais aussi par le choix du lieu. Habitué des lieux prestigieux du Festival d’Avignon (Cour d’Honneur, Cloître Saint-Louis …),  le Québécois a décidé cette année de s’installer dans le Off, au Théâtre de L’Oulle.  Un solo intimiste qui prend corps dans un théâtre presque discret. Son amitié avec Emmanuel Serafini, ancien directeur du CDC – Les Hivernales et directeur artistique de la danse à L’Oulle, n’est pas pour rien dans cette programmation. “J’ai moi-même été surpris qu’il accepte de venir se produire dans une petite salle, mais il tenait à cette proximité avec le public et à être dans le Off” précise Emmanuel Serafini. L’enfant terrible de la danse, et sa compagnie Dave St Pierre Inc. ne triche pas. “Parce que dans la vie de tous les jours, je suis parfois un homme, parfois un animal, plus souvent qu’autrement une déficience entre les deux. Mon esprit oscille toujours entre raison et insanité. Il y a toujours cette bataille entre exercer un protocole exemplaire et l’impulsion de juste cracher au visage” écrit-il dans sa note d’intention. À quoi bon vouloir plaire pour cet homme de 43 ans, qui depuis l’âge de 17 ans vit avec la mucoviscidose.

Humour et performance dialogue ensemble

Le ton est donné dès l’entrée en salle du spectateur. Un double de Dave St Pierre s’y trouve enfermé dans une housse vestimentaire, nu, coiffé d’une perruque blonde, gesticulant comme un beau diable. Il harangue le public de sa voix perchée aux accents québécois et personne n’est épargné des nombreux noms d’oiseaux qu’il lance. Cet étrange personnage va intervenir entre les trois tableaux dansés avec un humour désopilant. Un double nécessaire pour alléger l’oppression qui se dégage de ce néant . Il s’y joue une lutte brute et organique menée par un corps étiré, malmené, offert aux spectateurs sans artifice. La deuxième partie fait du danseur le support inerte d’un jeux de lumières, conçues par Hubert Leduc-Villeneuve, qui souligne le corps fragilisé. Le seul mouvement est celui d’un voile qui ondule avec légèreté. Une sorte de souffle continu pour celui qui sait ce qu’en manquer peut provoquer. C’est émouvant et merveilleusement esthétique, mais la poésie s’arrête là pour un final autrement plus dramatique qui laisse la salle exsangue. Les applaudissements sont longs et chaleureux car le public perçoit l’urgence de vivre de cet artiste attachant qui donne tout à la danse.”Néant est le plein qui m’entoure. Néant est la marde (merde en québecois ndlr) que t’as mis dans mon esprit. Les mots foi, résilience et adversité n’ont plus aucune valeur. On s’est fucké le chien. By” écrit celui qui n’aime pas l’apitoiement et qui préfère être reconnu pour son travail.

Néant
Dave st Pierre
Jusqu’au 30 juillet à 10h30
Théâtre de L’Oulle
Relâche le 24 juillet
Durée 1h
À partir de 16 ans
Réservation au : 09 74 74 64 90
Tarifs de 14 à 20 €