« La géographie du danger » à 12h30 au Golovine ©Céline Zug

La frontière entre danse et théâtre est mince dans ce solo d’Hamid Ben Mahi. Le danseur a adapté le roman d’Hamid skif à qui il a emprunté le titre de cette pièce très engagée. Le hip-hop d’Hamid n’a jamais été d’une telle puissance. Il incarne ce migrant emprisonné dans une chambre de bonne et donne à la peur qui l’habite une dimension animale. Dans un premier temps, l’homme résiste puis chaque membre lâche prise. L’homme assiste à sa propre chute, résigné, voire presque soulagé. La parole est frontale, dure et dérangeante. Ce n’est plus un exil que vit cet homme mais le rejet de tous. Il n’est plus homme d’ailleurs, mais un être invisible qui dérange et qui n’inspire qu’indifférence. Tout un environnement de danger l’entoure, alors plutôt mourir dans l’oubli d’une chambre étriquée que vivre dans la crainte. Les gestes du danseur deviennent alors répétitifs, le fond sonore perce les tympans, l’explosion approche et l’homme tombe au pied des spectateurs anéantis. Hamid Ben Mahi le performeur rappelle au passage qu’un homme qui meurt sans la compassion de ses semblables, c’est une humanité vouée a disparaître.

« La Géographie du Danger »
Théâtre Golovine
12h30 jusqu’au 27 juillet, relâche le mardi
Durée 65 mn
Réservation 04 90 86 01 27
Tarifs de 6 à 14 €

« La géographie du danger » à 12h30 au Golovine ©Céline Zug