“Dieu est mort” c’est Régis Vlachos qui l’affirme © Céline Zug

“Dieu est mort” affirme Régis Vlachos dans son dernier spectacle qui se joue au Théâtre des Barriques, jusqu’au 30 juillet à 19h30. Il éructe contre toute forme de croyance et fait hurler de rire le public. Un rire décomplexé qui fait un bien fou, à quelques jours de la fin du Festival Off.

“Dieu est mort” écrit en gros sur un flyer sur lequel un homme mi-humain mi-animal s’affiche avec un nez rouge, ça peut choquer. Sauf, s’il est souligné : “et moi non plus j’me sens pas très bien !”. D’un seul coup, cela devient plus intrigant et gagne à être découvert. Voilà la signature Régis Vlachos qui sévit. Après “Partisans”, qui a fait un tabac en 2013 et 2016 au Festival Off d’Avignon ou encore “Little Boy” interprété aux côtés de Christophe Alevêque, le trublion est de retour avec une création jubilatoire. Sa Compagnie Du Grand Soir est pleinement impliquée dans un théâtre engagé, notamment au lycée Alfred Nobel à Clichy-sous-Bois où Régis Vlachos est aussi professeur de théâtre. Il y a suscité la passion de 50 élèves. Alors, quand il incarne un professeur nihiliste face à une classe où ne pas croire n’existe pas, il gagne la sympathie d’un public hilare car on sent le vécu.

Le divan a remplacé le confessionnal

Alangui sur une malle, un homme se livre à un psy. Il y est question d’un petit garçon croyant devenu un homme incroyant et terriblement mécontent. La présence féminine de la comédienne Charlotte Zotto, complice du comédien depuis ses débuts, ponctue cette confession décousue et y apporte une note complètement décalée. Elle apparaît et disparaît, tout en douceur ou telle une tornade, mais jamais quand on s’y attend. Il y a néanmoins du fond dans ces élucubrations, le comédien est aussi diplômé en philosophie, et cultive un style bien à lui. Quand il affirme que les psys ont fait concurrence aux hommes d’église, nul ne doute de son argumentaire. La colère est contenue mais quelques éructations contre l’ignorance font sursauter le spectateur. Le “Salut à toi” des Bérurier Noir et quelques pépites réacs et racistes de Sardou se glissent avec tact dans cette mise en scène de Franck Gervais et Christophe Luthringer. Après Charlie, le 13 novembre, Istanbul, Bagdad, Nice … il fallait un texte intelligent, qui ne se prend pas au sérieux et qui fédère par le rire. Alléluia, Inch’Alah, B’Ezrat Hashem ou pour faire sans religion “Génial il existe” ! Niché au milieu de centaine de pièces au titre fumeux, ce spectacle donne foi en l’homme. Ou à défaut dans le théâtre, celui qui fait rire en titillant notre intelligence plutôt que la basse moquerie.

Dieu est mort, et moi non plus j’me sens pas très bien
Théâtre Des Barriques
Jusqu’au 30 juillet à 19h30
Durée 1h05
Réservations : 04 13 66 36 52