© Céline Zug
Chaque mardi dans la cuisine de la maison des associations de l’OGA à la Reine Jeanne, Marcelle Marquise se met aux fourneaux pour préparer des petits plats aux habitants des quartiers environnants. Ses 79 ans n’ont rien entamé de sa folle énergie et de sa grande générosité.

Son nom est empreint de noblesse, Marcelle Marquise, a pourtant des origines modestes et l’affiche avec fierté : “Je suis Stéphanoise de naissance, j’ai 79 ans et j’ai connu une époque où la vie n’était pas facile quand on avait cinq enfants“. Mais Marcelle a fait le choix de sourire à l’avenir et de se tourner vers les autres. Toute sa vie Marcelle a travaillé dur, de l’usine à l’hôtellerie tout en élevant les enfants :”Il n’y avait pas de place pour les loisirs, il fallait nourrir une famille, nous sortions de la guerre et fort heureusement il y avait de l’emploi“. Ce petit bout de femme ne se voit pas s’arrêter aujourd’hui : “J’étais à Nice il y a deux ans, près de mon fils, puis je suis venue m’installer ici car ma petite-fille en avait assez de faire des allers-retours, je voulais être à ses côtés et le quotidien est tout de même plus facile à Avignon“. Malgré la proximité de sa famille Marcelle Marquise s’ennuie : “Ne rien faire ou simplement profiter ça n’est pas pour moi ! J’ai toujours aidé les autres alors je me suis rapprochée de la maison des associations de la Reine Jeanne, j’y ai rencontré Agnès Grenier, la directrice de l’OGA et je lui ai proposé de faire la cuisine des quartiers”.

Un repas pour tous chaque mardi

Une fois les obligations matérielles et administratives réglées, Marcelle Marquise s’entoure de quelques bénévoles pour occuper les fourneaux tous les mardis. “Nous travaillons dans des conditions un peu compliquées car la cuisine n’est pas adaptée, mais on y arrive et tout ça avec un seul panier Semailles (chantier d’insertion dans le secteur de l’agriculture).” Ce grand repas collectif, qui réunit plus d’une vingtaine de personnes à chaque fois a été fait pour les femmes : “Au départ, j’ai fait ça pour les mamans, je voulais qu’elles apprennent à cuisiner équilibré pour que les enfants sachent manger sain avec des produits de saison“. Mais peu à peu le public a changé : “Nous avons toujours des femmes, mais de plus en plus de personnes d’Adoma (association d’aide à l’insertion par le logement) qui s’inscrivent. Ceux que l’on appelle les migrants, mais moi je n’aime pas trop ce terme, ce sont des gens en souffrance c’est tout. Se retrouver autour d’une table, c’est un moment de détente mais c’est aussi le meilleur moyen de comprendre le pays dans lequel on vit. Il y a de vrais moments de partage et de solidarité“. Pour s’inviter à ces repas du mardi, il faut s’inscrire auprès de l’OGA : “C’est avant tout pour les gens des environs, ça n’est pas un restaurant. Il faut parfois le rappeler, c’est beaucoup de travail mais quand on est tous à table, c’est tellement sympathique que j’oublie le stress des fourneaux“. En plus d’être un cordon bleu reconnu, Marcelle dispense volontiers recettes et conseils : “Ma cuisine est avant tout familiale, j’ai quelques trucs de grand-mère mais aussi l’expérience d’une femme à la tête d’une famille nombreuse“. Marcelle Marquise est devenue une femme respectée bien au delà du quartier et pour cela il ne lui aura fallu seulement deux ans pour laisser sa nature généreuse s’exprimer.

OGA
La Grande Martellière
1 Rue Maurice Hauriou, Avignon
Tél : 04 90 86 08 11