“Maison de Poupée” par Philippe Person au Théâtre de L’Oulle © Céline Zug

“Maison de Poupée” a été revue par la compagnie Philippe Person et s’est installée au Théâtre de L’Oulle pour le Festival Off tous les jours à 15h10. Cette version inédite du classique d’Henrik Johan Ibsen s’est construite autour de seulement quatre personnages, faisant de l’épouse Nora, le pivot de cette tragédie. 

“Une Maison de Poupée”a connu un grand succès au Théâtre du Lurcenaire à Paris cet hiver. L’aventure se poursuit a présent au Théâtre de L’Oulle durant le Festival Off. Cette adaptation du texte d’Henrik Johan Ibsen par la compagnie Philippe Person, ne retient que le couple Nora (Florence Le Corre),  son époux Torvald (Philipppe Calvario), l’amie Christine, (Nathalie Lucas) et Krogstad (Philippe Person), l’employé bafoué, et le créancier de la candide Nora. Le décor bourgeois est réduit à son minimum comme pour mieux mettre en valeur les personnages. Nora mère de trois enfants, femme au foyer, épouse aimante, est la gardienne du temple. Pas question pour elle d’être autre chose que ce petit écureuil, cette alouette ou ce fragile petit oiseau pour cet époux omniscient, sérieux et rigide. Noël approche, Nora dépense, s’agite et babille auprès de son amie Christine qu’elle avait perdu de vue et qui fait irruption dans sa vie sans prévenir. Elle fait illusion jusqu’à ce qu’elle avoue un acte insensé qui va faire basculer la pièce dans la tragédie familiale. La femme du XIX ème n’est que l’objet des hommes et pour sauver le sien, Nora a commis un faux auprès de Krogtad. “Christine j’ai sauvé mon mari”, lance la frêle Nora. Elle raconte avec extase ce séjour en Italie indispensable à la bonne santé de Torvald.

La légèreté fait place à la pesanteur

Enlisée dans cette histoire de dettes et de faux, poussée par un Krogstad qui réclame son dû, la jeune épouse doit avouer sa faute à son mari. Elle a Falsifié la signature de son père qui vient de décéder pour venir en aide à son foyer. Pour Krogstad, cet acte d’amour relève plus de la faute grave que d’un geste de soutien. Les convenances bourgeoise de l’époque n’autorisent pas une femme a se subordonner à la tutelle d’un père et d’un époux. Les comédiens livrent ici une partition poignante de cette tragédie tirée d’un fait divers. Le metteur en scène a l’intelligence de faire monter en puissance cet étouffement familial qui prend à la gorge. Plutôt que la mort de Nora, il choisit l’abandon. Il donne à cette femme une densité toute nouvelle, actuelle, et héroïque. Une pièce qui rappelle que Freud en personne en avait fait un cas d’école autour du sujet “Que veut la femme ?” et qui semble répondre en substance : le respect et la liberté.

Une Maison de Poupée
Théâtre de L’Oulle
Jusqu’au 30 juillet à 15h10
Relâches le 17 et le 24
Durée : 1h20
Réservations : 09 74 74 64 90
Tarifs de 10 à 22 €