Les danseurs amateurs avignonnais dirigés par Nans Martin © Céline Zug

L’artiste associé du Golovine, Nans Martin, met en scène dix huit amateurs avignonnais le temps d’une seule représentation de danse. “Seul(e). Les Oiseaux”, une création sur le thème de la migration, se jouera mardi 16 mai à 19h30 au théâtre de la rue Sainte-Catherine.

Le Théâtre Golovine présentera la création de Nans Martin, chorégraphe danseur de la compagnie “Les Laboratoires Animés” mardi 16 mai. Cette œuvre, baptisée “Seul(e). Les oiseaux”, met en scène dix huit avignonnais non danseurs, et est née d’une rencontre avec Sylvie Da Silva, passionnée de danse, au cours d’un atelier chorégraphique à Paris : “Nous avons eu la volonté de confronter mon travail à un groupe d’amateurs non danseurs. C’était un corps que je ne connaissais pas. J’ai eu l’impression que cela aller m’aider à travailler sur la manière de transmettre mes images mentales, mes idées, mes intentions, l’envie de créer un projet qui rassemble dans une période qui n’est pas facile …” explique Nans Martin. Les participants ont eu quatre week-end pour travailler avec le chorégraphe, le musicien Sylvain Ollivier et la danseuse Claire Malchrowicz autour de la thématique des migrants. “Ces groupes de personnes migrantes qui arrivent dans nos villes et qu’on s’empresse de déloger” ont touché Nans Martin en tant que citoyen et artiste. “Le mouvement nécessaire à mettre en marche ces populations trouve une résonance très particulière en moi, dont le métier est justement d’écrire le mouvement“.

Nans Martin : témoin de la marche du monde

Pour cette création, le chorégraphe a fait un pas de côté et ne sera pas sur le plateau avec ces danseurs d’un soir : “Je voulais proposer au public une autre lecture du monde que nous traversons tous chaque jour et je préférais être celui qui porte son regard de l’extérieur“. Le groupe s’est soudé au cours des ateliers, il a appris à occuper l’espace dans un décor dépouillé qui a  pour seul objet une couverture et une chaise. Un décor à l’image de ces vies en suspend forcées d’avancer pour survivre. Le corps est catalyseur et vecteur de cette marche qui forme un élan vital. Le point central vient d’une femme seule qui peu à peu voit des êtres se croiser, se rassembler, s’éloigner … formant un ballet migratoire proche de celui que nous offre les oiseaux migrateurs. Cette unique représentation a la particularité de ne pas être écrite, telle la métaphore du destin de ces passants dont seule la détresse s’imprègne en nous. Pour l’assistante chorégraphe Claire Malchrowicz, le travail avec ces amateurs à été une belle surprise : “C’était plutôt enrichissant et fascinant, on a été étonné par leur force de propositions et de commentaires. Ils se sont emparés de ce que nous leur soumettions de la danse“. Quant à Nans Martin, il confie : “Ils ont dépassé ce que j’imaginais de la pièce“. Pour le vérifier il n’y a qu’un seul moyen : foncer au théâtre ou les danseurs d’un soir rencontreront le public après le spectacle.

“Seul(e) les oiseaux” mardi 16 mai à 19h30
Théâtre Golovine
1, bis rue Sainte Catherine
Tél : 04 90 86 01 27

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Images et montage : Olivier Tresson