Alain Timár et l’équipe du Théâtre des Halles, Saison 18/19 ©Céline Zug

Une déclinaison de jaune semblait être de mise au Théâtre des Halles à Avignon pour dévoiler sa programmation 2018-2019. Une saison bouillonnante et chaleureuse présentée par le metteur en scène et patron des lieux Alain Timár.

Alain Timár, directeur du Théâtre des Halles, n’a pas tari de bons jeux de mots en présentant un programme jaune canard dans lequel on trouve le secret d’une saison prometteuse et lumineuse. «Depuis plusieurs années nous travaillons à ce que notre démarche fasse sens et pas uniquement en termes artistiques, explique Alexandra Timár, la directrice adjointe, lors de la présentation de la saison. Nous voulons accompagner les artistes à travers des résidences mais aussi pour qu’ils soient découverts, diffusés, produits … que ce soient des compagnies locales ou d’ailleurs. Nous sommes à l’écoute et mettons tous les outils qui sont les nôtres à leur disposition afin que notre démarche ait du sens » .

Cinq artistes en résidence

Aux Halles, selon la formule consacrée par les férus de théâtre, on travaille, on crée et on réfléchit à la marche du monde., pour en livrer une vision aussi riche que variée, ce à quoi vont s’atteler les cinq résidents des lieux. La metteuse en scène, Sylvie Boutley prendra pour matière un bref roman de la poétesse et dramaturge Gertrude Stein, quant à Ana Abril, elle explorera l’évolution de l’être humain dans “La Mémoire des Ogres”. Autre artiste en résidence aux Halles, le comédien et metteur en scène Olivier Barrère se prépare pour … 2020 avec un texte de David Greig « La lune jaune », tout comme Sandrine Roche partie en « Croizades » autour d’un projet littéraire mené avec des enfants dans toute la France. Alain Timár, en chair et en os, mènera de son côté une réflexion, absurde, sur « L’installation de la peur » de Rui Zink. Le public en aura la primeur le 25 avril 2019.

Reprises des succès du Festival 2018

Les compagnies qui ont été choisies par le Théâtre des Halles durant le Festival Off ne le regrettent jamais. Certains spectacles ont même la chance de revenir, comme « Bienvenue en Corée du Nord ». Un ovni entre théâtre et clown où contestation rime avec bêtise (jeudi 4 octobre). Les chroniques de Karim Akouche, mises en scène par Alain Timár, et interprétées parLe comédien Raouf Raïs, ont stupéfait les spectateurs cet été : séance de rattrapage le 10 janvier. La touche de légèreté est attribuée à Pierre Notte pour « L’effort d’être spectateur », une conférence théâtrale qui se place de l’autre côté des planches (jeudi 24 janvier).

Musique et autres genres à ne pas rater

Plasticien, metteur en scène de théâtre mais aussi d’opéra depuis l’an dernier, AlainTimár a souhaité mettre en musique le poète de rue Rabah Mehdaoui. Pour cette première avec ce slameur, rencontré au détour d’un restaurant pendant le festival, il a pu compter sur l’Orchestre Régional Avignon Provence et son chef Samuel Jean (22 et 23 novembre). Dans le cadre de la semaine Italienne, les musiciens de Chiaro di Luna feront le grand écart entre sérénade et opéra (28 octobre). Trois autres rendez-vous sont à ne pas manquer : « City » de Joris Frigero qui mêle vidéo, acrobatie, danse et texte. En mixant le tout, il obtient une vision du monde toute proche du bonheur (18 octobre). Festi’Hiver se réinstalle dans les lieux avec le spectacle « Lectures Zelectroniques » qui se joue sur un air de poésie et d’instruments de musiques en jouets (30 janvier). Après la Garance, Olivier Barrère présentera à nouveau le texte de Patrick Kermann « The Great Disaster », qui met en parallèle un monde qui s’éteint et un autre qui prend vie, à travers le naufrage du Titanic et de ses 3177 cuillères à dessert et de celui en charge de les nettoyer (1er mars) .

Festival danse et théâtre sur les planches

Autre très bonne nouvelle de la saison, l’arrivée des Hivernales aux Halles. La danse a toute sa place sur ce beau plateau et c’est à Tatiana Julien que revient l’honneur d’y briller. « Soulèvement » passe par de nombreuses contradictions : immobilité, mise en mouvement, accablement, énergie … dans un solo impétueux (15 février). Boxe et comédie sont cousines germaines pour Yan Allegret. « La plénitude des cendres » raconte l’histoire du boxeur Hacine Chérifi que l’auteur et metteur en scène interprète avec la même combativité que sur un ring (jeudi 28 mars). Enfin pour terminer la saison 18-19, Charles Berling relève le pari audacieux de revisiter « Vivre sa vie » au théâtre. Cette adaptation libre du film de Jean-Luc Godard s’accompagnera de textes de grands auteurs (Marguerite Duras, Virginie Despentes, Grisélidis …) pour aborder le sujet de la prostitution, et sera proposée en avant première du Off 2019 (6 et 7 juin). Une programmation cohérente, engagée et créative est en place, à l’image d’une équipe qui ne manque ni de curiosité ni d’audace.

Théâtre des Halles
Rue du Roi René
Réservations : 04 32 76 24 51
Plus d’infos : www.theatredeshalles.com
Tarifs de 5 € à 21 €