“Combat” de la Compagnie davy Brun s’inspire de l’oeuvre de Cervantès ©Stéphane Bellocq

Le Théâtre de L’Oulle a lancé sa saison ce samedi 30 septembre avec un concert Tzigane. La musique et la danse sont toujours rendez-vous et le jeune public fait son entrée par la grande porte. Une cinquantaine de dates vont ponctuer cette nouvelle saison Place Crillon, avec de nombreuses créations théâtre et danse. 

C’est en musique que le Théâtre de L’Oulle a invité le public à découvrir sa troisième saison samedi dernier. Le directeur, Laurent Rochut n’a pas caché la fierté que lui inspire cette programmation. “Cette fois j’y suis, après avoir travaillé dur les saisons précédentes, je peux dire que cette programmation est proche de ce que je veux. Le lieu commence a être réellement identifié, j’ai eu de belles propositions qui se traduisent par une saison qui me convient et qui prend de la hauteur. ” Dès l’été prochain, le Théâtre de L’Oulle deviendra La Factory avec l’acquisition de la salle Tomasi (ex-conservatoire de théâtre situé rue Bertrand). “J’avais besoin d’une salle pour faire plus de résidences, des cours et tout ce qui peut faire rayonner les arts vivants tout au long de l’année. L’idée c’est qu’au Festival d’Avignon, nous soyons capables d’être pleinement autonomes tant en diffusion, en production qu’en création. Que cela se passe ici toute l’année pour être une vraie fabrique de talents“.

Démarrage dans un éclat de rire

Didier Landucci va ouvrir les vannes du rire (le 6 octobre) dans une “vraie fausse conférence-spectacle interactive”, pour démarrer dans la bonne humeur. Dans un tout autre registre, “Les sœurs K” proposent leur cabaret clownesque, qu’elles mènent tambour battant sur un ton décapant (le 27 octobre). Et pour bien finir l’année, autant faire confiance à  Manu Pratt (le 31 décembre). C’est ce qu’a fait Laurent Rochut, en lui donnant carte blanche pour le réveillon. Irrévérencieux, touchant, mordant ou caustique, il ne faut surtout pas compter sur lui pour être sage !

Le tour du monde en musique

La musique a toujours été présente au théâtre et cette année elle aura des sonorités universelles. La Méditerranée en premier lieu avec “Somos” et ses quatre musiciens qui accompagnent la voix d’Emmanuelle Drouet (le 2 novembre). “Radio Mindelo” revisite le répertoire de Césaria Evora dans un style plus contemporain, machines et instruments traditionnels soulignent l’élégance de la grande chanteuse cap-verdienne (le 9 décembre). La Mongolie sera toute proche avec le duo de “Gobi Rhapsodie” (le 18 novembre), qui mêle notes de piano et de «Morin khuur” ou vièle à tête de cheval, l’instrument traditionnel mongol. Enfin le collectif “Neenboo” (le 10 mars) mélangera sonorités électroniques et orientales, et rythmes latinos.

Le jeune public chouchouté

Jusqu’ici, les spectacles pour enfants s’étaient faits discrets dans la programmation. Ce ne sera plus le cas dès le samedi 9 décembre. Le Kronope et son théâtre de masques viendront présenter “L”oiseau bleu”. Le conte sera abordé par Yan Giraldou et son “Imaginarium” (le 13 décembre). Marie-Joséphine Susini sera seule en scène dans son récit initiatique “Neige” (les 30 et 31 mars), tiré du roman de Maxence Fermine. “Le monstre sous mon lit” (le 11 avril) mixera un grand nombre de supports artistiques : danse, vidéo, texte …

De la danse seul ou en compagnie

Le directeur artistique-danse, Emmanuel Sérafini, a définitivement rendu “Les mercredis sous la Lune” indispensables à l’identité du lieu. Chacun de ses rendez-vous est une entrevue autour de la diversité de la danse contemporaine. “Combat” de la Compagnie Davy Brun (le 18 octobre) en est l’illustration avec ses quatre danseurs et un musicien pour les accompagner. Le chorégraphe s’inspire depuis longtemps de l’œuvre de Miguel Cervantès dont il souligne la noirceur. “Ça s’arrose_No Game” de la Compagnie MF (le 17 janvier) abordera le difficile problème de la dépendance à l’alcool de la jeune génération. “Unité 777” de la Compagnie Ellipse/Axel Loubette, dénonce à la fois la folie des expérimentations animales et les expériences menées sur des cobayes humains dans les camps de concentration (le 21 avril).

Au théâtre la création prime

Côté théâtre, c’est la création qui prime cette année. A commencer par : “Pourquoi mes frères et moi on est parti … ” de la Compagnie A Divinis (le 24 novembre). Des jeunes avignonnais sortis du conservatoire vont parler désirs, échecs, fuites … et tout ce qui fait qu’un jour on passe à l’âge adulte. “Kuliss” de la Compagnie L’Estock Fish (le 27 janvier) a été remarqué au festival de rue “Prenez-Place” en juin dernier : l’univers de Magda oscille entre folie, fantaisie et voyage intérieur. “Dehors”, un autre chemin initiatique, entre rêve et réalité, sera emprunté par l’Ensemble Séraphin (le 2 février). Elena Bermani s’emparera d’un classique avec “Qui a peur de Virginia Woolf ?” (le 10 mai).  Autre classique toujours inspirant, “Les liaisons dangereuses” qui seront mises en scène par Manon Montel (les 9 et 10 juin). Le roman épistolaire de Choderlos de Laclos aura cinq comédiens pour le servir. La metteuse en scène a rencontré un vrai triomphe au Théâtre du Lucernaire pour “Les Misérables”. Cette fois, elle quitte la capitale pour faire une création purement avignonnaise qui fera aussi les beaux jours du Festival d’Avignon.

Théâtre de L’Oulle

Rue, Plaisance 

TÉL. 09 74 74 64 90

Toute la programmation ici