Un mur de son s’est abattu samedi 19 novembre sur la Manutention à l’occasion de Boulevard Brut#1, première manifestation autour des cultures indépendantes, de l’art brut et du handicap. Flashbacks sur cette soirée inoubliable, organisée à l’AJMI par le Collectif Freesson.

De mémoire d’avignonnais, on n’avait jamais vu ça : l’Ajmi et les Hauts Plateaux ont viré temple de l’underground le temps d’une hallucinante soirée en accueillant l’ovni artistique Boulevard Brut #1. Une friche expérimentale où se sont succédés projections, tables-rondes, ateliers, performances et concerts trash-noise-transe-électro-hip-hop à vous retourner le cerveau ! Ça sentait bon la “Factory d’Andy” mais on aurait pu tout aussi bien être dans un entrepôt à Berlin.

“Saturday Night Fever”

John Deneuve, la première à entrer sur scène, électrise le public et fascine : un escabeau, une perruque blonde et de la musique coupée au couteau, à répétition. Telle une héroïne fitness de bas étage, elle monte et descend son échelle, on a envie de danser … et on danse. Venus de Belgique, les Choolers Division prennent d’assaut le ring et les spectateurs se retrouvent instantanément dans un vieux garage de Brooklyn où sévissent infra-basses et beats hip-hop hardcore. Fruit d’une collaboration inédite entre 2 MCs trisomiques, Kostia Botkine, Philippe Marien, et 2 musiciens indépendants, le projet “Choolers” est né de l’initiative du laboratoire artistique belge La “S” Grand Atelier. Avec les créations visuelles de l’artiste Sanair en toile de fond, le groupe unique en son genre étonne et détonne. Le public est plus que chaud, prêt pour le set hypnotique d’Hassan K. Armé de sa guitare et la besace pleine de samples, l’artiste lillois “bricodeur de l’extrême” a livré un live extatique à coup de riffs saturés, proche de l’épilepsie. Une transe surf-punk-électro-perse diabolique dont personne ne sort indemne. Sur les murs, les sérigraphies du collectif  Dernier Cri en frissonnent encore…

Un laboratoire de réflexion sur le handicap dans la culture indépendante

Au-delà de ces concerts fiévreux, Boulevard Brut #1 a permis des moments d’échanges et de discussions sur la place du handicap dans l’art, la nécessité de poser un regard neuf sur ces artistes, les nouvelles technologies à disposition… Le documentaire de Mathieu Mastin Musique brute, handicap et contre-culture, qui a ouvert l’événement, donne des pistes de réflexion multiples. On est à l’orée d’un sillon encore balbutiant mais d’une intensité indéniable, un art brut revisité et servi cru, à suivre de près.

Boîte à Culture était “dans la place”, retour en images :