Marie Christine Barrault interprétera La Reine de Beauté de Leenane © DR

Marie-Christine Barrault sera à Avignon pour le festival 2017. Familière des lieux, c’est au Théâtre des Corps Saints qu’elle va s’installer pour jouer “La Reine de beauté de Leenane”, du 7 au 26 juillet.

Marie-Christine Barrault va s’installer au Théâtre des Corps Saints du 7 au 26 juillet pour interpréter le rôle principal de “La Reine de beauté Leenane”. “C’est une vraie fête de théâtre, quand on aime le théâtre, on aime Avignon !” nous a lancé joyeusement Marie Christine Barrault lors de notre entretien téléphonique à quelques jours du début du festival. Elle aura le rôle principal du texte de Martin Mac Donagh, aussi sombre que drôle : “C’est un style très particulier, très beau, mais une sorte de patois rural, très bien écrit, très bien traduit. C’est très différent à apprendre de ce que je connais (…) C’est très loin de la manière dont on s’exprime, surtout quand on est actrice et que l’on essaie d’avoir un langage châtié“. Ce texte de Martin McDonagh est dans la lignée des comédies noires à l’anglaise et met en exergue un duo féminin cruel et déroutant. Une fille pas vraiment jeune et une mère pas tout à fait vieille rongée par la solitude. “Le personnage est une sorte de monstre, un monstre de mère. Je ne sais pas pourquoi depuis quelques années, on ne me fait jouer que des monstres et particulièrement des monstres mères !” Un rôle qui n’est pas du sur-mesure pour la comédienne : “Je suis la meilleure des mères et des grands-mères !” lance-t-elle fièrement. Cette mère, Maggie, semble prendre plaisir à terroriser sa fille Maureen : “Elle est monstrueuse, mais ce qui est intéressant, c’est de chercher la manière dont elle est monstrueuse, personne n’est monstrueux comme ça sans raison”. La comédienne se plait dans cette relation compliquée : “J’ai cherché la subtilité du personnage, qui n’en a pas par ailleurs, et la subtilité de cette relation avec sa fille qui consiste à l’empêcher de vivre (…) Tout cela est mû par la peur, la peur de rester seule“.

La perversité de la relation familiale

Cet équilibre familial, fait de méchanceté et d’amour mal exprimé, va être chamboulé par l’arrivée d’un homme : “Il y a au fond de tout ça de l’amour, complètement perverti, mais un amour quand même. Ce sont des personnages tellement forts, hors normes (…)  cela demande beaucoup de travail et d’imagination pour les interpréter“. Le rire permet toutefois de désamorcer ces situations parfois étouffantes : “Ce sont des relations assez psychanalytiques (…) ce qui est extraordinaire c’est qu’on arrive à rire, il y a quand même des choses drôles” nous livre Marie-Christine Barrault. La mise en scène de Sophie Parel, et son travail de metteuse en scène-comédienne, a séduit la femme autant que l’actrice : “On a beaucoup bavardé, réfléchi sur les relations mères-filles, celles que nous avions autour de nous et les nôtres. Sophie est comédienne aussi, cela ne change pas la vision de son approche de la pièce (…) J’ai essayé d’analyser ce que ça a été d’être la fille de ma mère et la mère de ma fille. J’ai été puiser dans ma propre histoire, quand ma mère m’empêchait de sortir jeune. Il doit y avoir une jalousie de femme derrière“. La perversité de la relation familiale en substance dans cette pièce ne laisse personne indifférent, elle bouscule les certitudes. “C’est le genre de pièce où l’on se dit que les gens qui en sortent ne peuvent pas, ne pas avoir de discussion personnelle, surtout si ils y vont en famille“. Un texte écrit par un auteur qui démonte l’idée même de l’angélisme maternel, ce qui pourrait en faire un texte féministe, une cause à laquelle Marie-Christine Barrault n’est pas insensible :”Il y a des hommes qui ont cette sensibilité féminine, je disais cela de mon mari Roger Vadim. Je lui disais qu’il avait été une femme dans une vie antérieure, car il comprenait pleinement ce qu’il se passait à l’intérieur d’une femme, ce qui se joue“. Il faut voir cette pièce pour plusieurs raisons : la complicité que Sophie Parel installe avec le public, la cruauté du propos et l’interprétation impeccable de la distribution.

“La Reine de beauté de Leenane”
Du 7 au 26 juillet à 17h05 avec Marie-Christine Barrault
et du 27 au 30 avec Catherine Salviat
Théâtre des Corps Saints
76 place des Corps Saints
Tél : 04 90 16 07 50

À noter que Marie-Christine Barrault sera tous les soirs à 21h au Novotel Avignon Centre pour un lecture musicale des textes de Saint Exupéry et Christian Bobin (en alternance) avec le pianiste Franck Siup.

 

Marie-christine Barrault

interrogée par BàC à propos de son rôle dans « La Reine de Beauté de Leenane »