“Logiqueimperturbabledufou” ouvrira la saison du Théâtre des Halles ©Vincent Bérenger

Le Théâtre des Halles oriente sa saison 2017-2018 vers des thèmes forts comme la folie. Il laisse une belle place aux femmes et met l’accent sur la création. Deux d’entre elles seront signées de son directeur Alain Timár. Il mettra en scène son premier opéra avec “Le Dialogue des Carmélites”. 

Le livre-programme du Théâtre des Halles affiche une couleur éclatante rose fushia. Une note joyeuse qui cache des sujets sous haute tension comme celui de la folie qui ouvrira la saison les 6 et 7 octobre prochains. Zabou Breitman sera la première à jouer une pièce qu’elle a déjà interprétée ici même au Festival d’Avignon. “Logiqueimpertubabledufou” de l’actrice, réalisatrice et metteuse en scène, plonge dans les méandres de la folie avec justesse et poésie. Un sujet qui inspire également bon nombre de ses collègues : Gustavio Giacosa crée “Nannetolicu merccanicus saint” (les 30 novembre et 1er décembre) inspiré de l’histoire de Nannetti. Durant les neuf années de son internement, l’artiste italien avait gravé avec une pointe métallique les murs de l’hôpital psychiatrique de Voterra en Toscane. D’une écriture fiévreuse, mais néanmoins lucide, il raconte l’insoutenable enfermement. Autre spectacle au programme : le seul en scène de Valérie Paüs le 11 mai, qui nous plonge dans une toute autre folie, celle de “L’homme Jasmin” d’Unica Zürn.

Toujours plus de femmes aux commandes

Qui mieux que l’héroïne de Gustave Flaubert pour faire honneur aux femmes ? Elles ont une place prépondérante dans cette programmation. Telle que “Bovary : les films sont plus harmonieux que la vie” (les 15 et 16 février) ou l’étonnante inspiration de Cendre Chassanne pour ce roman accusé d’outrage à la morale publique. L’actrice embarque le spectateur dans l’écriture d’un film culte sur Madame Bovary. En mai, “J’ai rêvé la révolution”, la création de Catherine Anne , en co-réalisation avec La Garance, Scène Nationale de Cavaillon, mettra Olympe de Gouge au cœur de sa pièce : cette révolutionnaire libre et moderne est l’auteur des premiers textes sur les droits de la femme. Elle fût guillotinée peu après la révolution et reniée par son fils unique.

Résidence et création dans un lieu ouvert

Le Théâtre des Halles est aussi ouvert aux résidences d’artistes, l’an dernier c’est Denis Lavant qui y a crée “Cap au Pire“. Cette année, la Compagnie Souricière présentera la première étape de son travail “Orphelins” de Dennis Kelly, le 15 décembre, sur le thème d’actualité du “vivre ensemble”, dans une Europe entachée par la crise et la montée des extrêmes. À l’issue de la représentation, les comédiens échangeront avec le public avant de présenter leur pièce aboutie les 5 et 6 avril.

Alain Timár sur un air d’opéra

Alain Timár n’a jamais voulu être sanctifié dans son lieu comme seul directeur. Sa fille Alexandra venue lui prêter main forte, il peut se lancer dans deux créations entre théâtre et opéra. Le metteur en scène et plasticien, s’attaque au chef d’oeuvre de Georges Bernanos “Le Dialogue des Carmélites” en balayant le contexte historique pour en faire une version contemporaine. Exit les croix et les bonnes sœurs, Blanche la novice sera mise à nue par un metteur en scène audacieux. La création s’est faite en partenariat avec l’Opéra Grand Avignon et sera présentée à L’Opéra Confluence en Courtine les 28 et 30 janvier. Côté théâtre, Alain Timár et sa compagnie sont allés chercher du côté de Dostoïevski et Shakespeare. “Les Carnets d’un Acteur” (du 22 au 25 mars) seront confiés à Charles Gonzalès dont la stature sied à ce personnage qui donne corps à des textes quasi mythiques.

Théâtre des Halles
4, rue Noël Biret, Avignon
Tél : 04 90 85 52 57

Programmation complète ICI