Denis Lavant sera au Théâtre des Halles durant tout le festival d’Avignon © Céline Zug

Denis Lavant sera sur la scène du Théâtre des Halles vendredi 9 juin pour l’avant première de “Cap au pire” puis du 6 au 29 juillet pendant le festival Off. Le comédien s’empare d’un texte méconnu de Beckett qui dit l’amour des mots. 

Denis Lavant sort tout juste d’une résidence au Théâtre des Halles pour la création “Cap au Pire”. Il présentera en avant-première cette pièce de Beckett ce vendredi 9 juin à 20 heures, avant de la jouer durant tout le festival.  BàC a rencontré le comédien entre deux répétitions. “Cette fin de résidence est très bien, on n’est pas encore dans le bouillon du festival, ça permet de goûter l’atmosphère, de savoir comment on joue, d’avoir une première expérience et d’avoir une confrontation au public“. Denis Lavant n’est pas un comédien ordinaire, pas plus que ces choix de textes, c’est une gueule, une présence, une intelligence qu’Avignon a su apprivoiser : “Je suis un habitué irrégulier et j’aime beaucoup cette ville, même hors festival, on profite mieux de la ville, des ses petites ruelles. J’ai arpenté Avignon dans tous les sens, dans tout ses états … Au début des années quatre-vingt, j’ai commencé dans la rue avec un stage de Carlo Boso (… ) une très bonne expérience“. Depuis il a joué dans plusieurs lieux de la ville, mais jamais dans le “IN”:  “Je suis pas vraiment convié (…), je suis cantonné dans le Off (…) c’est pas le même confort. C’est comme une mégapole où il y aurait le palais et les bidonvilles dans une frénésie de théâtre. J’attends le moment de la révolution où le Off prendra d’assaut la Cour d’Honneur (…) une sorte d’utopie à l’envers“.

Le cinéma l’a révélé au grand public

Bien que le cinéma ne soit pas sa préoccupation première, il y a imprimé des personnages tel qu’Alex, sorte de clochard céleste dans “Les Amants du Pont Neuf”de Leos Carax. “J’ai besoin d’un cadre, et c’est pas toujours le cas dans le cinéma, il me faut un vrai projet comme avec Leos qui est un cinéaste d’exception. J’ai eu la chance de tourner avec des artistes très différents qui m’ont beaucoup appris et avec qui j’ai aimé travailler. Il est évident que ça donne tout de suite une notoriété immédiate mais je cours pas après ça”. Les Avignonnais n’ont pas fini de croiser cet homme lunaire qui marche en récitant son texte, comme possédé par les mots, ceux des autres qu’il fait siens, pour mieux les offrir au public. Durant une heure, il livrera ce vendredi 9 juin, puis pendant le festival, une partition de Beckett bien peu connue : “Il s’agit du dernier texte de Beckett qui n’est pas théâtral. J’ai fréquenté la littérature assez jeune et ce texte ne m’avait pas plu, je ne l’avais pas compris. Il a été très peu joué, je crois que Sami Frey s’y est essayé, mais c’est un magnifique texte“.

Vendredi 9 juin à 20h avant première de “Cap au Pire”
et du 6 au 29 juillet à 22h Salle du Chapitre
relâches les 10, 17 & 24
Théâtre des Halles
Rue du Roi René
Tél : 04 32 76 24 51

Rencontre avec Denis Lavant au Théâtre des Halles
Journaliste : Céline Zug
Images et Montages : Jean Fichefeux