L’équipe de l’Artéphile accueille un nombre croissant de femmes dans sa programmation du Off ©Céline Zug

Ce sera le quatrième festival Off d’Avignon pour l’Artéphile et plus que jamais Alexandre et Anne ont misé sur la création et la féminisation. C’est l’entropie qui sera au cœur de cette programmation présentée ce mardi 5 juin, et plusieurs avant-premières auront lieu tout au long de ce mois. Ce tout jeune théâtre permanent a trouvé son identité parmi ses aînés et l’affiche avec fierté.

C’est à présent le 4ème Off d’Avignon pour l’Artéphile avec une volonté farouche d’Alexandre Mange, le directeur, de faire oublier le Bourg-Neuf. Un souhait partagé par sa créatrice d’épouse Anne Mange-Cabarbaye. C’est à présent un théâtre avec deux salles, à l’atmosphère feutrée et au style élégant dans lequel la qualité est exigée. Anne reste discrète sur ses activités de créatrice, préférant parler d’entropie pour cette nouvelle programmation : “Ce terme est emprunté au domaine de la physique. C’est une mesure du dysfonctionnement d’un système, plus l’entropie grandit, plus le système s’éloigne de l’équilibre“. C’est pourtant une forme d’équilibre qui est le fil conducteur de cette programmation où 16 compagnies vont pouvoir s’exprimer.

Place aux femmes auteures

Le couple a fait des choix “qui ont du sens, qui parlent de poésie, de pouvoir, de déni, de rire, de préjugés … de la vie et de notre époque“. Les chiffres parlent d’eux-même à l’Artéphile, 63% de la programmation est faite par des femmes auteures, choisies parmi la centaine de dossiers que le couple a soigneusement étudiés. “Il fallait que nous y trouvions de l’intérêt à la fois artistique mais aussi sur le contenu, que l’on y retrouve ce qui nous entoure dans la complémentarité de la science et de l’art“. Il y a des histoires d’adolescence “La Sauvage”, “La Rage, d’autres qui parlent de politique de la ville “Du Nord au Sud”. Le fléau de la radicalisation qui ronge notre pays et de ces familles impuissantes est abordé dans “Ne vois-tu rien venir”. Il y a aussi le voyage imaginaire comme remède à la cruauté ambiante avec “Le Mensonge du Singe”. Un message humaniste dans “Mirad”, de l’humour et de l’histoire dans “La Méningite des poireaux”, teintée de psychiatrie … et de ses erreurs. La famille, les souvenirs qu’elle laisse et ses non-dits reste une source d’inspiration pour “Mon grand-père” ou “An Irish Story”.

Un mois d’avant-première

Afin de bien s’imprégner des nombreux spectacles du festival, le mois de juin sera consacré aux avant-premières. Du 12 juin au 2 juillet, pas moins de quatorze compagnies prendront le risque de se dévoiler avant les trois semaines durant lesquelles elles devront jouer, tracter … et séduire le public. Un Off avant le Off qui leur permettra des retours directs avant de se jeter dans le bain.  Par ailleurs, les “officieuses” donneront carte blanche à chaque compagnie, qui devra présenter en une heure ses projets, ses coulisses … les dimanches 15 et 22 juillet de 14h à 21h.

Théâtre de l’Artéphile
7, rue du Bourg Neuf
Tél : 04 90 03 01 90
La programmation du Off  ICI